Compte rendu de la réunion pilotée par l’HCERES du 18 juin 2008

Cette réunion réunissait les Présidents et/ou vice-présidents des sociétés-mères ou des CNU pour les 11ème, 12ème, 13ème, 14ème, 15ème et 18ème sections, plusieurs délégués de l’HCERES, deux représentants du CNRS.

But de la réunion :
Discuter de questions de bibliométrie relativement à un classement éventuel des revues et le cas échéant, amender et/ou compléter les listes de l’ERIH (l’European Reference Index for the Humanities [ERIH])
(Pour prendre connaissance de ces listes, consulter :
http://www.esf.org/research-areas/h…;;
choisir : « ERIH ’initial’ lists »).

La réunion était présidée par Mme Denise Pumain, géographe et coordinatrice des SHS à l’HCERES. Mme Pumain a fait savoir que l’HCERES souhaitait mettre en place une procédure de classement des revues spécialisées dans le domaine des langues ainsi que des arts du spectacle, afin d’accompagner le travail des comités qui auront la charge d’évaluer les Equipes d’Accueil (EA) de la vague D, à partir d’octobre prochain.

Position de l’A.G.E.S. :

Lors de cette réunion, la Présidente de l’A.G.E.S. a présenté la position suivante :

1- La liste soumise (qui est reprise du site mentionné ci-dessus, consultée avant le 18 juin 2008) comporte des lacunes et des injustices criantes. Un exemple : seules deux revues de germanistique française sont classées, dont l’une, Etudes Germaniques, classée B, est connue urbi et orbi pour son excellent niveau, elle est présente dans toutes les bibliothèques de France et de Navarre. Ce classement suscite l’étonnement de la communauté scientifique.

2- L’ERIH indique elle-même sur son site que les listes qu’elle a établies ne sauraient être utilisées à des fins d’évaluation. Il n’est pas possible non plus de les compléter. A titre d’exemple toujours un site constitué par les germanistes allemands, site qui n’est pas non plus exhaustif (relativement au périmètre de la discipline des études germaniques françaises puisque les champs couverts sont différents), recense pour la germanistique, 500 revues sur support papier et 150 revues sur support électronique. L’AGES demande où sont passées ces revues ? Elle note en particulier l’absence quasi-totale de revues électroniques sur le site de l’agence en question.

3- L’AGES souligne qu’elle n’est pas une instance d’évaluation et qu’elle n’a pas vocation à l’être. L’AGES émet de très fortes réserves quant à l’adéquation qui est faite entre des supports de publication, des articles, des individus et des centres. Elle demande que les différentes sections du CNU continuent à jouer leur rôle en particulier pour l’évaluation des personnes parce qu’elles ont une connaissance approfondie des dossiers et que leur fonctionnement est pluraliste.

4- Si des critères d’évaluation des supports sont mis en place, l’AGES demande un temps d’adaptation, une souplesse dans l’application, une révision périodiques des critères, et des garanties quant aux modalités d’application (en particulier, il est demandé qu’au moins deux experts procèdent à une évaluation qui pourra être contradictoire).

La rencontre a donné lieu à un échange prolongé où les difficultés de l’entreprise ont été soulignées clairement par la plupart des participants. La brièveté des délais, la nature même de l’opération invalident la démarche envisagée.
A la fin de l’échange, la SAES a indiqué toutefois qu’elle avait pour sa part commencé à recenser les revues publiées par ses adhérents ; elle indique qu’elle pourrait, dans un délai raisonnable, fournir une liste de revues précisant les pratiques éditoriales de ces revues, ce qui permettrait à l’HCERES de définir des critères d’évaluation. Une réflexion qui partirait de ces pratiques permettrait d’établir des critères qualitatifs d’évaluation.
Sur cette base, il est convenu qu’une autre rencontre ait lieu le 19 septembre 2008.


Annexe :

- nous citons ci-dessous un extrait du compte-rendu de la SAES à l’intention de ses adhérents :

« Nous avons en revanche fait savoir que nous étions engagés depuis deux mois déjà dans une démarche de recensement des pratiques en vigueur dans les comités éditoriaux de nos différentes revues, démarche cristallisée par le questionnaire qu’avait adressé Paul Volsik au début du mois de mai, et que nous étions prêt à poursuivre ce recensement, pour éventuellement en transmettre les résultats à l’HCERES, et plus encore pour faire connaître l’ensemble des revues de notre champ.
S’il est hors de question que nous nous livrions à un quelconque classement des revues ou des publications, il nous paraît à l’inverse important que la SAES et l’AFEA ne se coupent pas de l’HCERES à un moment où les critères d’évaluation de la recherche sont en passe d’être modifiés en profondeur. Nous avons parallèlement mis en garde l’HCERES contre le risque de se couper de la communauté universitaire qu’elle est censée incarner (ses membres en sont issus) et accompagner vers toujours plus de visibilité et de reconnaissance.
Au terme du débat, qui aura duré plus de trois heures, la SAES et l’AFEA ont donc proposé d’élaborer, puis de transmettre à l’HCERES, un tableau synoptique des revues elles-mêmes, ainsi que de leurs différentes pratiques éditoriales. Nous avons émis le souhait, en préalable à cette démarche, que le calendrier soit assoupli, nous permettant ainsi de contacter les comités éditoriaux dans des délais raisonnables et de réunir la commission de la recherche, et nous avons demandé que soit organisée une autre réunion avec l’HCERES pour discuter des enseignements à tirer de cette procédure.
Sur ces deux points, l’HCERES semble nous avoir entendus et avoir pris acte de la nécessité d’une concertation large afin de définir des critères de qualité, et non des classements, et nous a proposé de nous retrouver le 19 septembre prochain pour poursuivre ensemble la réflexion.
Dans les prochains jours, nous prendrons donc contact avec les responsables éditoriaux des revues afin d’établir, dans la concertation et le débat, une procédure de recensement des pratiques éditoriales, tenant compte des spécificités de chaque secteur. »

- le bureau de l’A.G.E.S. a décidé de mener semblable enquête (cf. lettre aux directeurs de revue jointe) dont la finalité sera surtout de faire en sorte, que soient connues et reconnues autant que possible la diversité et la richesse du panorama des revues éditées par les collègues.

Compte rendu établi par Françoise Lartillot,
Présidente de l’A.G.E.S., en concertation avec le bureau de l’A.G.E.S.