Compte rendu de la réunion du 19 septembre 2008 pilotée par l’HCERES

Compte rendu – rencontre HCERES (deuxième rencontre relative aux listes de revues et à la question des publiants), organisée le 19 septembre 2008.
Etaient présents les représentants des sections du CNU 11 à 15 ainsi que 18 et de différentes associations savantes de langue, arts et musique.

Propos liminaires des coordonnateurs de la séance :
D’une part, ils précisent les finalités du classement : guider les chercheurs surtout les jeunes chercheurs pour faire connaître leur recherche, améliorer la diffusion des supports de publication français en les faisant figurer dans les listes internationales et notamment dans la liste ERIH. Il s’agit en outre plutôt d’une harmonisation du travail d’expertise. Il faut rendre plus transparent le calcul des publiants, en soulignant qu’il s’agit là d’un calcul global par centre qui se fait de façon non nominative. L’HCERES ne juge pas les individus, rôle dévolu au CNU. Ayant entendu l’avis émis par les collègues lors de la précédente rencontre, l’HCERES indique qu’elle souhaite minimiser les facteurs quantitatifs et privilégier certains critères qualitatifs. Cela est possible si les unités de recherche soumettent leurs cinq meilleurs résultats. Tout pourrait être pris en compte, les films, partitions musicales, œuvres d’art plastique tout autant que les ouvrages.
Le débat portera donc in fine sur deux options :
- Option 1 : Evaluation des publications à partir d’un panel sélectif, donc le centre de recherche estimera qu’il est représentatif de son travail, et décompte du nombre de publiants en vertu d’une appréciation des comités de visite de l’HCERES.
- Option 2 : Evaluation à partir d’un ou de plusieurs classements officiels.
Résultat de la discussion
Suite à une discussion où différents points de vue sont exprimés, il ressort tout de même que le mode de fonctionnement à partir de listes de classement n’est ni opératoire ni juste, qu’il ne reflète pas du tout le travail des collègues et qu’il menace à terme la recherche dans les petites disciplines. L’option 1 est donc retenue.
Il est décidé que l’on renonce au principe des listes. Les laboratoires seront donc conviés à soumettre à l’évaluation, outre les listes de publication traditionnellement constituées, leurs meilleurs travaux (le nombre de ses travaux sera de cinq au moins). Les experts de l’HCERES prendront connaissance de ces travaux qui reflèteront la vie du laboratoire en question. Ce mode d’opérer pourra être mis en pratique pour la vague D. Le décompte du nombre des publiants restant obligatoire, ce chiffre sera donc établi non pas mécaniquement, en se servant d’un classement de revues, mais selon le jugement du comité. Cf. aussi la déclaration officielle de Ronald Shusterman sur notre site.

Prises de position des germanistes lors de cette réunion :
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Les germanistes étaient représentés par Gérard Raulet, Jean Mondot pour le CNU et Françoise Lartillot pour l’AGES.
Gérard Raulet fait observer que les propos liminaires indiquent qu’il y a eu une évolution considérable de la réflexion. Cependant il observe que des contradictions subsistent.
La priorité est donnée aux cinq meilleurs résultats et pourtant la priorité est accordée aux revues, voire à certaines revues. Le système de points paraît parfaitement arbitraire. L’idée même d’une révision permanente des listes laisse entendre que tout classement sera provisoire, il sera donc une source permanente d’injustice. Il faut donc en finir avec des approches quantitatives. Il observe que l’on va stériliser les laboratoires, donner une prime aux coteries qui vont se créer. Nous n’avons aucune garantie quant à la prise en compte d’actes de colloque par exemple. Gérard Raulet demande des garanties écrites.
(…)
La Présidente de l’AGES se dit également rassurée par les propos liminaires tenus. Toutefois, elle fait état des réflexions du bureau de l’AGES qui tient à redire (de manière unanime) que le principe proposé de la définition de listes n’est pas acceptable d’un point de vue scientifique (cf. prise de position du 18 juin 2008 sur notre site). La liste ERIH en particulier est le reflet de cette impossibilité. Un spécialiste germaniste de très grand renom, spécialiste allemand, consulté par le bureau, a émis sur la liste proposée le jugement suivant : liste « parfaitement arbitraire, privilégiant manifestement la langue anglaise et les études comparées ».
Par ailleurs, le rôle de l’AGES n’est pas de classer les revues mais de soutenir et promouvoir les intérêts de la discipline. Il se trouve que les études germaniques sont une petite discipline où les lieux de publication ne sont pas illimités ; étant donné par ailleurs certains effets de coteries déjà décrits par les collègues qui se sont exprimés au cours de la réunion, l’accès aux revues de renom, en particulier revues allemandes, peut s’avérer très difficile. Nous avons tous publiés dans des revues de moindre diffusion et nos articles n’étaient pas pour autant de moindre qualité. Sur un plan qualitatif et au vu des informations fournies par les collègues lors de l’enquête menée durant l’été, il nous paraît impossible de reléguer aucune des revues de germanistique française dirigées par nos collègues en rang C. Si le principe d’une liste était maintenu, nous demanderions que toutes les revues de germanistique française dirigées par nos collègues soient classées A ou B. Pour autant la liste ainsi constituée resterait extrêmement lacunaire. Nous nous inquiétons des conséquences d’un tel classement pour l’avenir des « études germaniques » et demandons que les collègues de l’HCERES mettent tout en œuvre pour que ce principe d’une évaluation à partir de listes préétablies qui n’est pas défendable scientifiquement et dangereux pour la communauté scientifique des germanistes, soit abandonné.