Congrès de l’AGES 2013 – Université Paris-Est Créteil

Appel à contributions Congrès de l’AGES
organisé par le département de l’Université Paris-Est Créteil

Paris 13-15 juin 2013

Héritage, transmission, enseignement

La triade « héritage, transmission, enseignement » permet, dans l’espace germanique, une approche pluridisciplinaire – historique, philosophique, philologique, linguistique, littéraire, didactique – de la thématique de l’éducation au sens large du terme. En effet, le rôle majeur de l’aire culturelle germanique dans la diffusion des savoirs et des connaissances, des concepts et des théories en Europe est un fait historique unanimement reconnu. Cette transmission épouse les grandes étapes de l’histoire allemande, depuis Charlemagne, continuateur de l’empire romain et figure mythique de l’éducation, jusqu’à nos jours. Cet héritage ancien est jalonné d’étapes importantes qui constituent le socle des systèmes et des concepts éducatifs contemporains : la Réforme et son influence décisive sur la diffusion de la langue allemande, les Lumières et l’émancipation des savoirs de la tutelle de l’Eglise, l’enseignement mis au service de l’idée nationale au XIXème siècle, l’instrumentalisation de l’enseignement à des fins idéologiques au XXème siècle…

La problématique sera ainsi centrée sur la question des acteurs, des destinataires et des vecteurs de la transmission des savoirs. L’école, devenue obligatoire à partir de la fin du XVIIIème, devient un enjeu non seulement philosophique et culturel, mais aussi politique, qui oppose notamment l’Etat et les Eglises. L’enseignement a fait par la suite l’objet de nombreuses réformes qui redéfinissent en permanence les missions, les contenus et les méthodes, ainsi que le rôle des enseignants eux-mêmes. La démocratisation de l’enseignement au sortir de la Seconde Guerre Mondiale conduit à un enseignement de masse et à la remise en cause d’héritages, de schémas et de méthodes traditionnels. Parallèlement à cette évolution, les modes de transmission n’ont cessé de se transformer. Dans un contexte de mondialisation des systèmes de communication, l’arrivée en force du numérique et des nouvelles technologies de l’information a bousculé les approches éducatives et ouvre de nouvelles perspectives encore largement inexplorées. L’hétérogénéité des destinataires du savoir place les enseignants face à de nouveaux défis, ce qui remet en question des approches plus traditionnelles de l’enseignement.

Sur le plan historique et civilisationnel, on s’intéressera à la façon dont le système scolaire ou universitaire a été un enjeu central des conflits entre l’Etat et les Eglises au fil du temps. On questionnera notamment l’évolution des théories et des institutions éducatives qui varient selon les époques et les contextes politiques ou culturels, en prêtant une attention particulière aux missions assignées à l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur, aux disciplines enseignées et aux méthodes d’apprentissage. La triade « héritage, transmission, enseignement » permet aussi d’identifier les modes de fonctionnement des institutions éducatives et les constructions idéologiques qui les sous-tendent. Enfin, la figure de l’enseignant et son évolution (fonction, formation…) à travers les siècles jusqu’à l’époque contemporaine retiendront également toute notre attention.
Au niveau des œuvres littéraires, le traitement du sujet pourra porter sur le rôle des concepts éducatifs dans la genèse des œuvres ou la mise en scène de ceux-ci. Le texte littéraire peut également se fonder sur l’illustration ou la critique de systèmes éducatifs et l’appel à des alternatives. Cette interrogation peut aussi se porter sur les textes eux-mêmes dans leur dimension de réservoir de savoir, de savoir-faire à transmettre et dans leurs évolutions, c’est dire qu’elle peut porter sur la réécriture des textes. Quels modèles dans la littérature enfantine, de jeunesse ? Quelle actualisation de ces modèles ? Quel apprentissage par et dans la lecture ? Quelles propositions et quels choix pour le lecteur ? Quelle pragmatique pour le(s) texte(s) ? Dans ce contexte, l’analyse peut se focaliser sur la construction du personnage, sur la constitution d’une identité à travers l’image du pédagogue ou de l’élève, ce qui amène à s’interroger sur la complexité des rapports entre enseignant et apprenant, entre système et individu, sur l’idéologique comme point aveugle de l’écriture et de la lecture. Les aspects autobiographiques et l’analyse sociale ont bien évidemment une fonction essentielle tout comme les interprétations philosophiques ou politiques. En tant que vecteur d’une certaine idée des rapports sociaux, le thème de l’éducation conduit ainsi à élargir la perspective en direction des notions d’héritage, de filiation, de transmission, voire d’intégration.
En linguistique, le thème du congrès sera décliné sous la forme de l’étude des rapports entre d’une part les théories et les concepts linguistiques descriptifs, et, d’autre part, les grammaires de l’enseignement. L’articulation entre les théories linguistiques et les grammaires utilisées pour l’enseignement (du second degré essentiellement) est toujours complexe et délicate. Les relations entre ces deux domaines, dont les contours et les contenus doivent sans cesse être redéfinis, peuvent se concevoir, entre autres, sous les espèces distinctes de l’influence, de la détermination, de l’adaptation, mais aussi de la déformation, du malentendu ou de la non prise en considération, et ce pour une multiplicité de raisons. Il est donc important de prendre la mesure de ces interrelations complexes. Pour ce faire, il est aussi possible d’adopter une perspective contrastive, comparative avec les concepts linguistiques descriptifs et les grammaires allemandes de l’allemand. La perspective de l’interaction entre les deux domaines présentés devrait susciter des analyses proprement linguistiques, aussi bien diachroniques que synchroniques, mais également didactiques : on peut ainsi poser des questions relatives à « l’enseignement de la grammaire », mais alors cela implique une réflexion sur la définition de la grammaire, sur sa place dans les dispositifs d’enseignement de l’allemand, en relation avec l’évolution et le développement de la recherche en linguistique allemande.

La dernière matinée du congrès sera consacrée à une table ronde, qui, s’appuiera sur la situation actuelle de l’enseignement de l’allemand en France, pour dégager des pistes d’évolution possibles, sur le plan des contenus et des méthodes. Il sera intéressant de nourrir ces débats de différentes expériences concrètes dans le supérieur.

Les propositions de contributions (titre de travail et résumé d’une dizaine de lignes) sont à envoyer par courrier électronique avant le 30 septembre 2012 à Denis Bousch (denisbousch@club-internet.fr),
Thérèse Robin (robin.therese@numericable.fr) et Sylvie Toscer-Angot (angot.sylvie@orange.fr).

Document joint :

Appel à contribution