Résumé de thèse Maryse Jacob

Le 31 mars 2012, Madame Maryse Jacob née Renaudin (Paris IV) a soutenu sa
thèse intitulée Réalité et Vision. Réalisme magique et poétologie dans l’oeuvre lyrique de Peter Huchel , commencée avec Monsieur le Professeur Rémy Colombat (décédé) et
terminée avec Monsieur le Professeur Bernard Banoun.

La production lyrique de Peter Huchel (Berlin-Lichterfeld 1903, Freiburg-in-Breisgau 1981) condense les ambivalences et les tensions d’un moment de l’histoire littéraire allemande où s’opposent l’univers magique hérité du romantisme et le désir de focaliser l’attention à la fois sur les apories d’une forme de lyrisme devenue caduque et sur une poésie en devenir.
Ainsi les poèmes s’enracinent dans le réalisme magique de l’entre-deux-guerres qui prône paradoxalement le retour au concret et la recherche de l’harmonie perdue, rendant le pouvoir à l’imaginaire et invitant l’artiste à faire oeuvre de magie. L’étude porte sur les tensions entre écriture poétique et réalité extra-littéraire qui font l’objet de la réflexion constante du poète, non dans des écrits théoriques, mais à travers ses oeuvres. Après une
« première manière de dire », reflétant les distorsions entre une démarche conventionnelle et la conscience des nouveaux enjeux du lyrisme, le poète, dans une « seconde manière de dire », inverse totalement le sens des procédés magiques. Il fait table rase des codes classiques de la représentation et tente de fonder une nouvelle magie. Univers sensible, corps, logos et mythe sont ainsi mis en pièces.
Parallèlement toutefois, un nouveau projet esthétique s’esquisse, il tend vers le laconisme et s’adresse davantage à l’imagination qu’à la perception, sans pour autant s’enfermer dans
l’autoréférentialité. Le nouveau domaine de la poésie est alors un lieu instable et cependant ouvert où la parole demeure inachevée, mais peut être sans cesse renouvelée.