CfP, 31.10.2013, Congrès de l’AGES 2014, Dijon (Université de Bourgogne)

PROLONGATION DE LA DATE LIMITE JUSQU’AU 31 OCTOBRE 2013 !

Deutsche Fassung im Anhang.

Le prochain congrès de l’AGES aura lieu du 22 au 24 mai 2014 à l’Université de Bourgogne, à Dijon.

L’AGES souhaite renforcer la participation de jeunes chercheurs à ses congrès. Merci de faire connaître cet appel auprès de vos doctorants, auprès des jeunes docteurs et postdocs.

Appel à contributions

Circulations – Interactions

„Nur durch Reisen können neue Entdeckungen und Ansichten lebendig und rasch verbreitet werden“ . Goethe envisageait ainsi en 1822 la circulation des hommes comme une condition essentielle à celle des idées, et donc, également, à l’interaction – car voyage et diffusion des idées impliquent nécessairement confrontation avec un Autre, celle-ci pouvant prendre des formes multiples (de la compréhension mutuelle à l’affrontement). Tant par sa position géographique au carrefour de multiples influences que par son histoire culturelle et politique, l’espace germanique paraît constituer un cadre privilégié pour étudier les relations dynamiques entre circulations et interactions dans leurs différentes formes. Un regard à la fois diachronique et pluridisciplinaire – linguistique, littéraire, philosophique, historique – sur cette problématique semble d’autant plus pertinent à une époque où la circulation physique n’apparaît plus comme une condition nécessaire à celle des idées et où nouveaux médias et réseaux sociaux ont fait exploser les cadres et les modalités de cette dynamique.
Dans le champ linguistique, chacune des deux notions pourra être interrogée individuellement à plusieurs niveaux, mais aussi de façon croisée. La notion d’interaction renvoie tout d’abord à la description de l’allemand oral, que ce soit dans le paradigme de l’analyse conversationnelle ou dans celui, plus large, des analyses de discours. On pourra ainsi s’interroger sur les outils propres à l’analyse de l’oral – en particulier la question de la constitution des corpus avec leurs différentes phases – et sur les types d’analyse envisageables : rôle des paramètres pragmatiques et/ou extralinguistiques, dimension sociolinguistique, etc. On pourra par ailleurs aborder la question en termes de types d’interactions : comment décrire le talk show, l’émission de libre antenne à la radio, la conversation « ordinaire », le sketch humoristique, mais aussi les spécificités des nouvelles formes de communication engendrées par les NTIC (sms, forums, blogs, twitts). Il sera également possible de voir l’impact de nouvelles approches théoriques, comme les grammaires de construction ou les études sur le préfabriqué langagier (formulaic language), pour la description d’interactions authentiques en rejoignant par là le large champ de la polyphonie. Enfin, dans une perspective didactique, on pourra étudier la place qu’il revient à la description de l’allemand oral dans l’enseignement de cette langue en France, aussi bien dans le secondaire que dans le supérieur, pour les germanistes ou les spécialistes d’autres disciplines. La notion de circulation gagnera, de son côté, à être envisagée au niveau des faits de discours. On pourra tout d’abord l’envisager entre grands genres discursifs : circulation du discours politique dans le discours médiatique, du discours médiatique dans le discours ordinaire par exemple. Les études portant sur la circulation des discours experts vers des sphères non expertes seront bienvenues : on rejoindra par là les questions de transferts de savoirs, de vulgarisation, de réécriture. Une attention particulière pourra ainsi être accordée aux stratégies de mise en discours de connaissances spécialisées dans les textes fictionnels, tel que ceci se pratique dans d’autres philologies sous l’appellation de « fiction à substrat professionnel ». Au niveau micro-linguistique, plusieurs axes d’étude pourront interroger la notion : les phénomènes de présentation du dire, les formes figées sentencieuses, ou encore la modalisation autonymique.
Dans le domaine littéraire, le thème peut être envisagé selon différentes perspectives permettant de dégager si et comment peut naître une relation dynamique entre certains phénomènes de circulation et les formes d’interaction qui sont susceptibles d’en résulter. A toutes les époques, les écrivains ont été des voyageurs, des voyageurs réels ayant circulé entre différents lieux, différentes villes, différentes cultures, ou des voyageurs de l’imagination qui ont créé par leurs œuvres des figures traversant des lieux, des paysages ou des continents, voire des époques plus ou moins lointaines. On pourra s’intéresser à l’émergence de certains tropismes géographiques, comme par exemple entre Allemagne et Italie, apparus au gré des époques, des courants esthétiques ou des individus. A ce titre, le genre du récit de voyage – authentique ou inséré dans une œuvre de fiction – pourra être abordé du point de vue de la dynamique de l’interaction suscitée par la confrontation entre culture d’origine et destination choisie (ou non). Les sujets, motifs et genres littéraires ont également circulé entre les époques, les aires culturelles et/ou nationales, et les textes eux-mêmes : la notion d’intertextualité, comprise ici dans son sens large, pourra être illustrée par l’étude synchronique des vecteurs impliqués dans les transferts culturels (interculturalité), ou par l’analyse diachronique des variations et modifications de tel ou tel sujet, motif ou genre, par exemple dans le cas de suites ou de pastiches ; on considérera également dans quelle mesure les traductions ont contribué à ces phénomènes d’interaction culturelle. On pourra aussi s’intéresser aux formes d’interaction entre différents genres (par ex. poème philosophique, lettre-poème, théâtre épique). L’intermédialité sera ainsi également un sujet d’étude. La littérature en tant qu’art et moyen de médiation ne peut en effet se concevoir que dans un « espace intermédial », à travers des références, positives et négatives, à d’autres arts et aux médias. Il s’agira donc de s’interroger sur les liens entre littérature, cinéma, musique, peinture, danse, culture populaire, etc., mais aussi de prendre en compte l’apparition de nouveaux médias – internet, réseaux sociaux.
La circulation des idées – entre les individus, les aires culturelles, les époques – pourra faire l’objet d’études concernant les différents modes de circulation, en lien par exemple avec les formes de sociabilité propres à favoriser ces échanges d’idées (correspondances, rencontres formelles ou informelles, cercles de lecteurs, salons, revues, etc.). Il sera aussi souhaitable de montrer comment ont pu émerger des phénomènes d’interpénétration et d’enrichissement réciproque entre des idées ou des systèmes de pensée.
Sur un plan civilisationnel, on s’intéressera dans une perspective diachronique, du Moyen-âge jusqu’au XXIe siècle, aux différentes formes de circulation et aux types d’interaction que celles-ci engendrent. On envisagera ainsi à la fois la circulation des hommes (déplacements de population, migrations, colonisation, etc.), des biens matériels, des idées et des savoirs. Ces différentes formes de circulation ne sont bien entendu pas exclusives et il pourra justement être pertinent d’étudier dans quels cas et à quelles conditions elles coexistent : on pourra par exemple se demander si la circulation des hommes et des biens garantit nécessairement une bonne circulation des savoirs et/ou une bonne compréhension mutuelle. De même, les conditions de la circulation – libre, contrainte, restreinte – seront aussi à prendre en compte pour examiner dans quelle mesure elles influent sur les interactions qui peuvent en résulter. S’agissant de ces interactions, on sera attentif aux différentes formes qu’elles peuvent prendre et aux différents rapports qui s’établissent entre les groupes et les individus concernés – rapports qui peuvent bien sûr évoluer dans le temps : se trouve-t-on dans une situation de domination, d’affrontement (par exemple dans le cas de la colonisation), d’assimilation ou d’appropriation, de rapprochement, de coopération, d’interdépendance (voir le cas des régions frontalières), ou au contraire de non-interaction ? Dans ce dernier cas, on s’interrogera sur les raisons de cette absence d’interaction et on se demandera en quoi la circulation peut ne pas être une condition suffisante à l’interaction entre les hommes. Enfin, on s’intéressera aux modes de circulation favorisant les interactions, notamment les médias.
Par ailleurs, sur un plan méthodologique, il pourrait être intéressant d’aborder la problématique de la circulation des savoirs et des interactions – ou de la non-interaction – entre la « civilisation germanique » et ses domaines de recherche (économie, droit, histoire, politologie ou encore musicologie, etc.) d’une part et les spécialistes « classiques » de ces disciplines d’autre part. Cette réflexion pourrait faire l’objet d’une table ronde.

Les propositions de contribution (titre de travail et résumé d’une dizaine de lignes) sont à envoyer par courrier électronique avant le 31 octobre 2013 à l’adresse ages.dijon@gmail.com.

Documents joints :