CFP_15.12.2017_« Jardin et mélancolie en Europe entre le 18e siècle et l’époque contemporaine ».

                                                    

 

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Appel à contributions

 

Revue électronique : Histoire culturelle de l’Europe

 

« Jardin et mélancolie en Europe entre le 18e siècle et l’époque contemporaine ».

 

L’équipe ERLIS (EA 4254, Université de Caen) prépare un ouvrage collectif sur le thème « Jardin et mélancolie en Europe entre le XVIIIe siècle et l’époque contemporaine ». La publication se fera sous la forme d’un numéro de la revue électronique Histoire culturelle de l’Europe, prévu pour l’automne 2018.

 

Jardin de paradis ou jardin des supplices, hortus conclusus ou locus amoenus, utopie ou idylle, miroir de la société ou antithèse, lieu de mémoire ou lieu de l’oubli, lieu vivant et cultivé par l’homme, « work in progress » sans fin ou lieu oublié et délaissé, vivant néanmoins – le microcosme du jardin est toujours non seulement l’espace onirique par excellence, mais souvent aussi celui de la mélancolie. Sous ses multiples facettes, le jardin reflète toujours son créateur et le sujet se prête à mettre en lumière des aspects essentiels de l’histoire des consciences.

 

Qu’il s’agisse d’une œuvre implantée dans la réalité, ou d’une représentation dans une œuvre, texte, image, musique, – le jardin exerce une fascination universelle, sur les architectes paysagistes comme sur les littérateurs, poètes, cinéastes, graphistes, peintres, philosophes et musiciens. Cette fascination connait tout récemment un renouveau qui va de pair avec une conscience de plus en plus aigüe de la crise climatique et donne de nouvelles impulsions aussi bien aux pratiques jardinistes qu’à la réflexion théorique. On peut parler d’un véritable engouement, signe de changements fondamentaux de nos sociétés. Le jardin devient aujourd’hui espace de résistance contre le libéralisme exacerbé voire, plus généralement, la perte d’humanité.

 

Qui dit résistance, dit mélancolie. Le jardin, comme « hétérotopie » semble par essence le lieu « où dort la mélancolie » (Apollinaire). On peut le considérer dans une visée thérapeutique : s’y promener, le contempler apaise et libère l’âme ; en prendre soin signifie exercer une activité humaine et sociale fondamentale et « universelle ». Dès les Lumières, le jardin devient ainsi un élément de politique hygiéniste. La médecine et la psychiatrie s’en servent à des fins thérapeutiques. Ou on peut lui donner une place dans une œuvre d’art. Là aussi son rôle est intimement lié à la mélancolie, il peut agir comme une drogue, comme un remède, il peut être le lieu de la réflexion, de la prise de distance par rapport à la réalité, il peut mettre en évidence le lien entre la beauté et la mort, ou simplement séduire par la réponse que son silence éloquent oppose à la violence du monde des humains : il est toujours l’espace dans lequel on vit à la fois librement sa mélancolie et celui où on peut s’en libérer, voire en guérir, celui où la mélancolie pathologique peut se transformer en « mélancolie douce », celui où la mélancolie devient créatrice. Le jardin peut même éveiller le désir de la métamorphose, le désir de devenir plante, car la plante y devient perceptible comme l’image, voire le modèle de la puissance de ce qui n’aspire pas au pouvoir. Voilà quelques pistes de réflexion autour du jardin et la mélancolie.

 

Le dossier thématique cherchera à éclairer sous divers angles ce lien qu’entretient le jardin avec la mélancolie. Suivant la nature de son objet, interdisciplinaire, il se propose de réunir des articles issus des divers domaines linguistiques européens dans les disciplines suivantes : littérature, sociologie, psychologie, histoire de l’art et architecture, histoire de la médecine, géographie, philosophie, sciences des médias, arts plastiques et musique.

 

Informations aux auteurs

La date limite pour l’envoi des articles est le 30 avril 2018.

La revue électronique Histoire culturelle de l’Europe ne publie que des articles originaux, qui sont évalués en double aveugle. Pour cette double expertise il sera fait appel aux membres du comité scientifique et du comité de lecture de la revue. Les articles eux-mêmes ne doivent donc pas révéler l’identité de l’auteur. Une page de présentation sera jointe indiquant le nom, le titre et l’institution d’attache de l’auteur. Les propositions doivent inclure un résumé en français d’environ 200 mots. Les articles doivent comporter entre 30.000 et 60.000 caractères, espaces et notes comprises.

La décision du comité d’évaluation sera rendue dans les deux mois suivant la date limite.

Pour l’heure, les propositions de contributions (titre et résumé d’une quinzaine de lignes), accompagnées d’un bref CV, doivent être adressées pour le 15 décembre 2017 à :

– Hildegard Haberl: hildegard.haberl@unicaen.fr,

– Corona Schmiele: corona.schmiele@gmail.com