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« La particule gotique ga- : de l’espace à l’aspect et de l’aspect à la fonction jonctive », Verbum XXII, n°4, 2000, 441-451

Cet article tente d’apporter une contribution à l’étude de la particule gotique ga-. La problématique du marquage aspectuel traditionnellement reconnu, depuis Streitberg (1891), à ga- (ga- serait un marqueur de perfectivité) va être resituée dans le contexte d’une syntaxe très archaïque, qui restitue au “préverbe” son statut originel de particule de phrase indo-européenne. Cette reconsidération du statut de ga- permet de le détacher de son assise verbale — ga- pouvant survenir comme mot autonome pourvu d’un enclitique, détaché du verbe. Loin de réduire l’incidence de ga- au verbe et sa fonction à celle de marqueur d’aspect “perfectif”, nous verrons que ga- permet d’établir des connexions logiques entre des énoncés, dont les valeurs vont de la parataxe “unifiante” (une dualité unifiée dans un entier) à des liaisons corrélatives de type télique, causal ou consécutif.

This article offers a contribution to the study of the Gothic particle ga-. The problematics of aspectual marking, a function traditionally attributed to this particle ever since Streitberg (1891) — who analyzed ga- as a marker of perfectivity —, are reconsidered in the context of a very archaic syntax. By means of this approach, the original status of this “pre-verb” as an Indo-European sentence particle can be restored. Ga- can thereby be detached from its verbal base — ga- having indeed been able to occur as an autonomous word accompanied by an enclitic and detached from the verb. Instead of limiting the incidence of ga- to a verbal frame and its function to that of a “perfective” aspectual marker, we will see that ga- can establish logical connections between utterances. These connections vary in value from “unifying” parataxis (a duality unified into a whole) to correlative links of a telic, causal or consecutive type.

« La fonction conjonctionnelle de ga-, particule de phrase, dans la stratégie énonciative », Catégories et connexions, en hommage à Jean Fourquet pour son centième anniversaire. Colette Cortès et André Rousseau (éds.), Presses Universitaires du Septentrion, 1999, 351-355.

Ga- serait l’héritier gotique d’une lointaine particule pronominale de l’indo-européen et serait étymologiquement et fonctionnellement lié au thème *ke/o (Bader, 1973 : 25-75 et Campanile, 1997 : 306-307). Ayant cette lointaine origine pronominale, il garderait le caractère anaphorique et déictique propre à celle-ci. Nous fondons ce que nous appelons la “fonction conjonctionnelle” de ga- sur ces données préliminaires, la logique articulatoire de ga- s’appuyant dès lors sur les fonctions d’anaphore et de cataphore propres aux déictiques. C’est ainsi que nous ne réduisons pas l’incidence de ga- au seul verbe qui la porte, ni non plus sa fonction au seul marquage de l’aspect “perfectif” du verbe. Ces recherches sont fondées sur une analyse de la traduction de la Bible par Wulfila (311-383)