La brachygraphie en allemand contemporain
Thèse de doctorat soutenue le 3 octobre 2008 à l’Université de Provence (Aix-Marseille I) devant un jury composé de :
Prof. Dr. Martine DALMAS, Présidente du jury, Université Paris IV Sorbonne
Dr. habil. Friederike SCHMÖE, Université de Bamberg
Prof. Dr. Barbara KALTZ, Université de Provence
Prof. Dr. Helmut GLÜCK, Université de Bamberg
Cette thèse est le résultat d’une recherche en cotutelle dirigée conjointement par Madame la Professeure Barbara Kaltz, Université de Provence, et Monsieur le Professeur Helmut Glück, Université Otto-Friedrich de Bamberg.
Notre thèse est consacrée à un phénomène qui jusqu’à présent n’a suscité que peu d’intérêt auprès de la germalinguistique française, celui de la brachygraphie (en allemand : « Kurzwortbildung »). Ce terme désigne l’étude des divers procédés de formation par abrègement et leurs résultats, les « mots brefs ». Le travail a pour but de présenter les mutations actuelles de la brachygraphie dans l’usage, raison pour laquelle l’accent est mis sur les types de mots brefs formés à l’oral dans la langue familière et dans divers sociolectes (langue des jeunes, langage des étudiants, jargon militaire, etc.).
Le travail de thèse commence par une présentation générale du phénomène, comprenant un exposé des réactions – souvent virulentes – qu’a suscitées le déferlement de mots brefs dans les rangs de la critique au début du XXe siècle, et un bilan de la recherche sur les principaux procédés de brachygraphie.
Elle se poursuit par une réflexion sur la notion même de « mot bref », notion qu’il convient d’élargir afin de rendre compte des mutations récentes dans ce domaine. Il est proposé une définition prototypique du « mot bref », qui permet de mettre en évidence la diversité des phénomènes et les aspérités de certains résultats difficiles à classer.
La forte productivité de la brachygraphie nous conduit ensuite à analyser le traitement des mots brefs dans quelques grammaires et dictionnaires d’usage de l’allemand. Au-delà de leur présence plus que timide dans ces ouvrages de référence, contrastant avec la vitalité de l’abrègement, il est frappant de constater que les nombreux mots brefs empruntés à l’anglais sont quasiment ignorés, ce qui m’amène à leur consacrer une sous-partie.
Enfin, dans la mesure où elles reflètent les influences des nouvelles technologies sur l’abrègement des mots, les mutations observées dans la communication par chat retiendront particulièrement mon attention. Pour appréhender pleinement les implications de ce nouveau moyen de communication, il me semble indispensable de sortir du cadre strictement linguistique et de mener une réflexion sur les relations entre brachygraphie et image(s).