Marseille au XXe siècle : état des lieux d’un mythe

Marseille au XXe siècle : état des lieux d’un mythe

Journée d’études interdisciplinaire, 22 octobre 2010

Merci d’adresser vos propositions de communications (1 page maximum) pour le 30 avril 2010

Les mythes se nourrissant eux-mêmes, leurs réécritures successives accomplissent une remise en question permanente de leur(s) origine(s) et de leur transmission. Quelles sont les caractéristiques du mythe „originel“ ? Quelle en est la genèse, la mise en forme, la transmission ? Quelles sont les modalités, les formes et les fonctions de ses résurgences et ses transformations ?

Ville-port, ville-monde, cité grecque aux confins du monde celte, ville grecque dans un monde romain, passerelle entre Orient et Occident, « Marseille n’est pas une ville française, mais la capitale d’un continent qui s’appellerait Méditerranée… Elle appartient en effet à ces rares métropoles du monde qui oscillent entre légendes et réalités, Histoire et mythologies. Si bien qu’on peut l’inventer et la rêver autant que la voir et la vivre » (Joël Schmidt, Le goût de Marseille). Tournée vers la mer et dos à la Provence, rebelle au pouvoir parisien, elle semble se dérober à toutes les tentatives de récupération. Malgré tout, Marseille est devenue la seule ville-mythe de France avec Paris, « qui, dans nos cœurs et dans nos songes, éveille et remue je ne sais quoi de profond et de fort, d’indispensable peut-être » (Olivier Boura, Marseille ou la mauvaise réputation).
Si la cité phocéenne fascine autant, ne serait-ce pas qu’elle est à la fois surdéterminée par les clichés négatifs – reine du haschisch, capitale du crime, incarnation du mauvais goût –, qui lui sont attachés, et que, existant depuis ses origines sous le signe de l’errance, du déracinement et du métissage, elle demeure malgré tout insaisissable ?
L’hypothèse avancée ici est que la fascination suscitée par Marseille, faite de saisissement, d’indicibilité et de tentatives d’appropriation ou de rejet, tient à son ancrage dans le mythe.

Tout au long du XXe siècle, au fil de voyages, de flâneries et de rencontres, l’imaginaire allemand se nourrit du mythe de Marseille, qu’il réécrit à sa manière. Ainsi, les écrivains, penseurs et artistes allemands convergent vers ce haut-lieu de la modernité, contre-capitale littéraire des surréalistes. Dans les années de guerre, devenue refuge ou piège, la ville-port attire de nombreux exilés germaniques, en attente d’un départ et d’un ailleurs salvateurs. Dans les guides touristiques, récits ou films allemands plus récents, elle conserve souvent une image ambivalente de ville à la fois fascinante et inquiétante, exotique et dangereuse, vulgaire et mystificatrice.

On se proposera, dans la première journée d’études interdisciplinaire qui aura lieu le 22 octobre 2010, de questionner dans ses composantes topographiques, sociologiques et historiques le « mythe de Marseille » et son pouvoir de fascination tout autant que sa mauvaise réputation. On montrera en quoi les auteurs et artistes de langues et de cultures allemande et slaves reprennent, voire réécrivent ce mythe en élaborant une nouvelle poétique et herméneutique de la ville.

Une seconde journée d’études interdisciplinaire, prévue pour octobre 2011, portera sur les reconstructions et instrumentalisations idéologiques du « mythe de Marseille ».

Merci d’adresser vos propositions de communications (1 page maximum) pour le 30 avril 2010 à :
florencebancaud@yahoo.fr veronique.dm@wanadoo.fr marionpicker@yahoo.fr
EA 4236 ECHANGES (germanistes et slavistes)
Département d’Etudes Germaniques
Université d’Aix-Marseille I

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