Forum des sociétés savantes, 27.11.10, compte rendu

Compte-rendu de la réunion du Forum des sociétés savantes
le 27 novembre 2010 à Paris

Etaient représentées des associations de mathématiciens, physiciens, électrotechniciens, musicologues, latinistes, seiziémistes, anglicistes, russisants, italianisants, germanistes etc.

L’AGES était représentée par Laurent Cassagnau et Hélène Miard-Delacroix.
La réunion commence à 10h30.

La première moitié de la matinée a été consacrée à la question de savoir si le Forum devait se constituer en association 1901 (fédération) pour davantage peser et être plus visible (le Forum représente actuellement selon les réunions 45 à 63 associations). Le principe d’une institutionnalisation du Forum a été vite adopté à l’unanimité à la suite de divers votes. Le terme de « sociétés savantes » est abandonné parce qu’il ne passe pas auprès des médias et parce que les nombreuses associations d’enseignants de spécialités ne s’y reconnaissent pas. Le Forum décide de changer de nom et de s’appeler Forum des sociétés d’enseignants et de chercheurs (FSEC). Le bureau actuel du Forum est mandaté pour travailler aux statuts, (re)définir les objectifs du futur FSEC (en s’appuyant essentiellement sur les textes fondateurs du Forum). La procédure sera la suivante : il sera demandé aux associations qui font partie de l’actuel Forum de réfléchir à leur future position lors de l’AG constituante du FSEC : en clair de faire voter en son sein, soit par le bureau, soit par les AG des adhérents le principe de l’adhésion au FSEC. Cela accélèrera le processus lorsque le FSEC se réunira en assemblée constituante (donc pour nous il faut vérifier si nous sommes en droit de décider de l’adhésion au FSEC ou s’il faut en passer par l’AG de Limoges)

Point 1 : Masterisation (Effectifs en masters – Mise en place des préparations aux concours – Epreuves des concours – Conditions d’entrée dans le métier)

1) L’autre moitié de la matinée a été consacrée à la mastérisation. Les prévisions de Cassandre se sont largement réalisées, une collègue de musicologie est venue exposer ce qu’était devenu le Capes de musicologie en indiquant que c’était emblématique de ce qui attendait tous les Capes de sciences humaines : les candidats ont dû répondre à la question « dans quelle mesure peut on dire que la sensibilité musicale change avec les époques et les auditeurs ? » lors de la nouvelle épreuve de culture musicale qui remplace une dissertation ! Pour mémoire en 2008 il y avait au programme l’histoire du madrigal et en 2009 une question d’histoire de la musique entre le 9e et le 18e siècle. Les sujets actuels sont forcément indigents puisque tous formulés à partir de la phrase stéréotypée « dans quelle mesure peut-on dire » suivie d’une phrase tirée des programmes des collèges (y compris en mauvais copié-collé ce qui a entraîné des problèmes de compréhension du sujet comme cela s’est produit cette année). Comme ces programmes de 28 pages sont constitués pour leur plus grande part de tableaux (type « Power Point » ou selon une méchante langue « Pauvre Point »), il n’est pas difficile aux candidats de repérer quelles phrases du programme vont être utilisées par le jury. C’est ce qui s’est d’ailleurs passé avec le CNED qui avait déjà proposé en exercice la phrase sur la « sensibilité musicale etc. » utilisée par le jury (mais il ne devrait pas y avoir de recours dans la mesure où les documents iconographiques du jury du Capes n’étaient pas ceux du CNED). Quoi qu’il en soit, le Forum veut attirer l’attention du ministère et des présidents de jury sur la nécessité de ne plus se référer textuellement à une phrase des programmes. Il faudra aussi réaffirmer que la mastérisation qui devait, selon le discours ministériel maintes fois répété, élever le niveau des candidats (puisque les concours sont désormais au niveau du M2), provoque dès cette année un effondrement des exigences.

2) Epreuve « agir en fonctionnaire etc… ». Le Forum a constaté une grande diversité d’approches de cette épreuve, au Capes beaucoup de présidents affirment utiliser les sujets 0, en agrégation c’est différent (le représentant de l’AGEs a évoqué la position du président de l’agrégation d’allemand, A. Muzelle), beaucoup de centres de préparation se taisent, un certain nombre n’a pas encore mis en place de préparation spécifique, d’autres au contraire proposent des dizaines d’heures de droit, etc. Nécessité de dénoncer le hiatus entre l’objectif affiché : une même épreuve pour les 3 x concours PE, Capes, agrégation, et la mise en œuvre anarchique au niveau national

3) Effectifs aux concours :Effondrement des effectifs au Capes de maths, en lettres classiques 390 candidats avant le 14 juillet (bp dans l’attente de résultats aux examens), 135 présents aux épreuves pour 185 postes (!). En agrégation de maths par contre effet d’aubaine, beaucoup de centres se sont débrouillés pour faire passer le M2 la même année que l’agrégation, nombre de candidats exceptionnellement élevé (mais cela ne durera pas).
Prudence à avoir sur le sujet des effectifs, ne pas utiliser forcément l’argument de la baisse des effectifs pour dénoncer la réforme des concours, le ministère pouvant se saisir des chiffres pour supprimer des postes.

Point 2 : Réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche (Réforme du CNU – Utilisation de la bibliométrie par les instances
d’évaluation – An 2 de la LRU – Labex et Idex)

1) La réforme du CNU sera activée à l’occasion de l’élection du prochain CNU en 2011. Les inquiétudes sont différentes selon les sections mais portent toutes sur le nouveau rôle d’évaluation dévolu au CNU. Une réunion des présidents de section CNU (CPCNU) en septembre dernier a montré qu’il y avait consensus sur l’idée que le CNU devait tenir ce rôle mais que cette évaluation ne devait pas être utilisée dans le cadre de la modulation des services. Les sections de mathématiques mettent en garde contre la perspective de voir le CNU réaliser tous les 4 ans une évaluation sans but clairement défini, donc utilisable ensuite pour tout type de situation (promotion, demande de financement, primes etc…). Le Forum met en évidence les effets pervers de la mauvaise note (C sur une échelle ABC) que l’on gardera pendant quatre ans : comment produire plus de recherche pour être mieux noté si la mauvaise note bloque l’accès aux financements de projets et augmente le volume d’enseignement ? L’idée de pratiquer la politique de la chaise vide au CNU est rejetée car il faut défendre le principe que l’évaluation (qui se fera de toute façon) doit être faite par les pairs.

2) Evaluation. La commission nationale d’évaluation mise en place pour l’attribution de la PES (prime d’excellence scientifique) doit disparaître quand toutes les universités seront passées à l’autonomie. Le Forum insiste pour promouvoir une uniformisation des critères selon lesquels les évaluations seront faites et insiste sur la communication entre sections du CNU.

3) LRU. Le Forum va organiser, par le biais des correspondants locaux des sociétés savantes, une enquête sur les dysfonctionnements observés dans les établissements passés à la LRU : évaluation locale, répartition des moyens, comités de sélection, redéploiement des disciplines. Un questionnaire commun va être élaboré (l’AGES va y participer) et nous sera transmis pour collecter les informations dans les différents établissements. Pour les disciplines touchées par les « redéploiements de moyens » on pourra, notamment en consultant les PV de CA, avoir une photographie des évolutions.

4) Labex. Le Forum exprime le mécontentement de tous sur ces appels à projets très chronophages (4 mois pour monter un dossier Labex) qui montrent bien qu’à termes les financements pérennes du CNRS et des labos vont disparaître et être remplacés par des financements sur projets très limités dans le temps.

La réunion se termine à 17h15.

Le Bureau de l’AGES