15.9.2011 – Appel à contribution pour le Cahier d’Etudes Germaniques n° 63

Appel à contribution pour le Cahier d’Etudes Germaniques n° 63 :

Des diables et des spectres : croyances et jeux littéraires

L’histoire de l’Occident est aussi celle d’un désenchantement du monde passant par des étapes successives marquées par des assauts contre certains dogmes théologiques (l’existence du diable) et / ou la pérennité de croyances populaires (les apparitions, les spectres). Le combat contre la démonologie mené par les théologiens protestants au milieu du XVIIIe siècle et l’historisation des procès de sorcellerie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles constituent, entre autres, la matrice épistémologique rendant possible le jeu littéraire moderne s’amusant des diables et des spectres. Or ce renversement est à double tranchant puisqu’il induit aussi l’interrogation sur la responsabilité voire la culpabilité de l’homme moderne face au mal appréhendé désormais de façon sécularisée. A l’intériorisation du mal – ce « penchant naturel pour le mal » dont parlent les Lumières – correspond la critique des croyances révolues en tant qu’extériorisations : la religion ne constitue-t-elle pas une projection de l’homme chez Humboldt, Feuerbach, mais aussi chez Freud ? Freud qui, par ailleurs, dédouble le mouvement intervenu en l’espace d’à peine deux siècles en donnant au « mal intérieur » une assise théorique tout en l’élucidant grâce à l’analyse des hantises et des rêves, lesquels ne se résument plus à de simples jeux.
Le numéro 63 des Cahiers d’Etudes Germaniques (automne 2012) se proposera de reconstituer ce processus contradictoire et discontinu : le point de départ sera des légendes médiévales et nordiques ; on abordera l’époque de la Réforme en tant que première tentative de rationalisation des croyances à l’époque moderne tout en réaffirmant certains dogmes (le diable) ; on s’intéressera à la dichotomie entre les formes de culture populaire et la tentative d’éradication d’anciens usages au XVIIe et au XVIIIe siècles ; on examinera leur renouveau culturel et littéraire, voir institutionnalisé par les scientifiques et les écrivains du XIXe siècle. On prolongera ces analyses jusqu’au milieu du XXe siècle, le Docteur Faustus de Thomas Mann constituant l’opus ad quem.
Seront étudiées les interrogations (théologiques, philosophiques), les mises en scènes littéraires tout comme les représentations diverses (iconographie, peinture) ayant marqué dans l’espace culturel germanophone la référence au diable et aux spectres.

Contact
fa.knopper@wanadoo.fr
Wolfgang.Fink@wanadoo.fr

Calendrier / Dates limites
Communication des sujets / titres de travail 15 septembre 2011
Envoi des manuscrits 15 avril 2012