CfP, 15.12.2012 Mutations identitaires en Europe à l’aube du XXIe siècle

Colloque international, co-organisé par l’Université du Maine et l’Université de Paderborn, 25-27 février 2013 à l’Université du Maine :

Mutations identitaires en Europe à l’aube du XXIe siècle
Entre idée européenne et traditions nationales : Transmission et diffusion d’identité

Organisateurs : Marie-Hélène Quéval (Département d’Allemand,Université du Maine), Dorothea Bohnekamp (Département d’Allemand, Université du Maine) et Jutta Langenbacher-Liebgott (Université de Paderborn).

La crise qui frappe les sociétés européennes ne met pas seulement en jeu la problématique d’une gouvernance et de ses modalités, mais également celle du contenu culturel de la notion d’Europe. Dans cette analyse, l’idée européenne, considérée souvent comme concurrente, voire même antagonique de traditions nationales irrémédiablement distinctes, serait un jour amenée à remplacer l’idée nationale – pourtant elle-même construction donnant corps à des communautés imaginaires. Mais cette approche semble occulter l’importance et le poids des identités collectives dans le processus de l’intégration européenne qui, loin de l’effacer ou de la concurrencer, érige la diversité culturelle en « marque de fabrique » de l’identité européenne.
C’est sous cet angle que le colloque « Mutations identitaires en Europe à l’aube du XXIème siècle » souhaiterait s’interroger sur les multiples liens qu’entretiennent identité européenne et identités nationales, c’est-à-dire sur la tension constitutive entre l’État national d’une part et l’Union européenne d’autre part. Ainsi, il pourrait s’avérer fertile de s’intéresser à la diversité des constructions identitaires (p. ex. les différentes interprétations des histoires nationales) et à leur rôle dans la construction européenne. L’Europe ne serait-telle qu’un mosaïque/une addition de multiples « identités » nationales ou existe-t-il une « identité » commune ?
La dimension symbolique de la construction identitaire mériterait une attention toute particulière, à travers l’étude des figurations littéraires des mythes historiques fondateurs p.ex., censés mettre en scène la différenciation identitaire de chaque nation ou au contraire souligner la communauté idéelle de l’Europe. Dans quelle mesure les différents modes de diffusion de l’identité (via les manuels scolaires, les médias, internet, les manifestations culturelles ou sportives, les lieux de création culturelle, comme le « Théâtre de l’Europe » à Paris, ou même les troupes de théâtres internationales comme celle de Peter Brook) pourraient-ils être envisagés sous l’angle du travail de maillage identitaire que constitue aussi la création de l’identité européenne ? Dans cette optique, il conviendrait d’interroger le rôle de l’art et de la littérature comme autant de vecteurs identitaires privilégiés et expression des images nationales en circulation – et en mouvement. Ces mutations des identités culturelles se prolongent et s’incarnent d’ailleurs dans les pratiques et représentations du politique en tant qu’enjeux majeurs du débat public. Dans ce rapport complexe entre pouvoir et culture, il conviendrait également de s’intéresser aux supports, vecteurs et institutions chargées de la production et de la diffusion de la culture, et d’élargir l’étude à l’analyse des mémoires culturelles lesquelles, à leur tour, paraissent emblématiques des relations complexes qu’entretiennent paysages mémoriels, production culturelle et identités nationales. Enfin, les transferts culturels et échanges intellectuels intenses entre différents pays permettent aussi de dépasser la singularité culturelle intrinsèque pour s’interroger sur la réciprocité croissante entre traditions nationales, à l’origine d’une identité européenne qui se construit aussi à partir de ces multiples échanges, emprunts et métissages faits entre cultures nationales.

Les propositions de communication d’environ 300 mots sont à adresser avant le 15 décembre à Dorothea Bohnekamp (DBohnekamp@aol.com) ou à Marie-Hélène Quéval (marie-helene.queval@orange.fr).