Née à Essen le 20 octobre 1919, Annemarie Bouisson (née Maas) a obtenu son baccalauréat en 1938. En 1939 elle suivit son premier mari (qui était lecteur de français à l’Université de Leipzig) à Montpellier où elle obtint la licence d’allemand en 1945 et le Diplôme d’Etudes Supérieures en 1947 avec la mention ‘très bien’. En 1953 elle fut reçue à l’Agrégation d’allemand (5e).
De 1945 à 1949 Annemarie Bouisson enseigna l’allemand dans le secondaire à Béziers et à Saint –Etienne. Détachée au Ministère de la France d’Outre Mer, elle fut professeur de Lettres, puis de Lettres-Allemand au Lycée Français de Saigon (1950-1955) et professeur d’allemand au Lycée Bugeaud d’Alger (1955-1957). Rentrée en France, elle exerça en tant que professeur d’allemand au lycée Dumont d’Urville à Toulon (1957-1960).
Sa carrière dans l’enseignement supérieur débuta comme lectrice d’allemand à l’Université de Montpellier (1943-1947). Par la suite elle était assistante, puis maître assistante aux universités d’Aix-en-Provence (1960-1968), Paris X-Nanterre (1968-1974) et Mulhouse (1974-1976). A l’Université de Lille III elle fut maître de conférences, puis professeur (1976-1981) avant de revenir à l’Université de Paris X-Nanterre en 1981, où elle dirigea le Département d’allemand jusqu’à son éméritat en 1986.
Par sa recherche Madame Bouisson a su donner d’importantes impulsions nouvelles à la germanistique française en ouvrant la discipline à l’Orient. Sa thèse de doctorat d’Etat soutenue en 1976 à l’Université d’Aix-Marseille I traite de Hermann Keyserling et l’Inde (Librairie Honoré Champion, 1978, 667p.). Elle a également publié, annoté et introduit un choix de textes du Journal de voyage d’un philosophe de Keyserling (Les Belles Lettres, collection ‘Le Monde Indien’, Paris, 1980, 307p.). Plusieurs conférences et communications en France, en Allemagne et au Japon (Congrès de l’IVG, Tokyo, 1990) portent sur Keyserling, Thomas Mann, le Jugendstil, ainsi que sur l’Homme spirituel dans la société française (1976-1979). Annemarie Bouisson a été officier des Palmes académiques (chevalier : juin 1965, officier : août 1979), de 1970 à 1974 elle siégea dans le jury de l’agrégation d’allemand.
Par son enseignement, sa recherche et ses très grandes qualités humaines, Annemarie Bouisson a diffusé la langue et la culture allemandes en France et s’est investie de manière très engagée pour la réconciliation franco-allemande.
Elle nous a quittés le 5 janvier 2019.
Angelika Schober