Publication : Welten ausstellen, Welten ordnen / Mondes exposés, mondes ordonnés

 

Nées au milieu du XIXe siècle, les expositions universelles sont souvent considérées comme un trait de l’histoire culturelle du monde « occidental », alors qu’elles se sont étendues ensuite bien au-delà. Elles se poursuivent jusqu’à aujourd’hui, en faisant de la question de la protection de l’environnement l’un de leurs thèmes centraux, comme ce fut le cas notamment lors de la première exposition universelle organisée en Allemagne, à Hanovre en 2000. Ce numéro se propose d’analyser à partir d’études de cas comment depuis le milieu du XIXe siècle différents types d’expositions répondent au défi d’une mise en ordre du monde et/ou d’une représentation de l’universel dans un seul lieu, dans un temps déterminé et avec un choix limité d’artefacts, en prêtant attention à la disposition ou mise en scène de ceux-ci, aux catégories servant d’appui à leur ordonnancement et au jeu d’alternance entre diverses médialités (objets, textes, images).
Situées au croisement de plusieurs champs disciplinaires, les contributions mettent l’accent sur l’espace franco-allemand mais ouvrent aussi sur d’autres pays, comme l’Angleterre, l’Autriche, les États-Unis, l’Iran et plusieurs pays africains. Il nous a semblé important que ces questions soient abordées dans un échange entre pratique et théorie, et une partie des contributions sont donc issues d’expériences curatoriales concrètes ou bien mêlent perspective historique et expérience de l’organisation d’expositions. Pour prolonger la réflexion sur les relations entre les dimensions matérielles, médiales et virtuelles des expositions, l’ensemble est complété par un échange « Exposer le livre et la
littérature à l’ère du numérique » avec trois spécialistes du domaine, Heike Gfereis, Stephanie Jacobs et Ulrich Johannes Schneider, respectivement responsables du Musée littéraire de la modernité (Literaturmuseum der Moderne, Marbach am Neckar), du Musée allemand du livre et de l’écrit (Deutsches Buch- und Schriftmuseum, Deutsche Nationalbibliothek, Leipzig) et de la Bibliothèque universitaire
de Leipzig.