Hommage à Paul Valentin

Notre collègue Paul Valentin, professeur de linguistique allemande à Sorbonne Université de 1969 à 1999, est décédé le 10 janvier dernier.
Né le 25 avril 1934 à Lyon, il fait ses études secondaires à Lyon, puis ses études supérieures à Paris à l’ENS Ulm et à la Sorbonne, à Cologne et à Munich. Reçu 1er à l’agrégation d’allemand en 1959, il exerce comme assistant à la Sorbonne, puis comme maître-assistant à Lyon. En 1969, il est nommé professeur à la Sorbonne sur la chaire de linguistique des langues germaniques, et succède ainsi à son maître Jean Fourquet. Parmi ses nombreuses activités au sein de la Sorbonne, il a fondé en 1972 l’UFR de LEA, qu’il a dirigée jusqu’en 1982. Il était également très présent dans l’animation des sociétés de linguistique allemande, entre autres en tant que Président de l’AGES (Association des germanistes de l’enseignement supérieur de 1973 à 1979) ou vice-président de l’IVG (Internationale Vereinigung für Germanistik de 1985 à 1990) ; il était membre du conseil scientifique international de l’IDS (Institut für deutsche Sprache, Mannheim) et de la Sächsische Akademie der Wissenschaften (Leipzig). Il avait reçu la croix fédérale du mérite (Bundesverdienstkreuz).
Sa thèse d’Etat, consacrée aux systèmes vocaliques en allemand ancien, faisait la part belle à la philologie, ce qu’il reconnaissait d’ailleurs dans sa conclusion : « Il fallait être philologue avant d’être linguiste » ; mais il s’était ensuite tourné vers la linguistique moderne, pour ses activités d’enseignement et de recherche – malgré des incartades régulières en histoire de la langue. Fidèle à Jean Fourquet, mais également influencé par d’autres linguistes, et en première ligne par Eugenio Coseriu, Paul Valentin était avant tout un sémanticien ; la plupart de ses travaux se situent à l’articulation de la syntaxe et de la sémantique. Ceux consacrés à la sémantique des catégories grammaticales, d’inspiration fourquétienne, ont particulièrement influencé la discipline. Paul Valentin a dirigé un nombre impressionnant de doctorants, pour la plupart sur la syntaxe et la sémantique de l’allemand moderne, et souvent dans une approche contrastive. Tous les germanistes français le connaissaient, de près ou de loin, et c’est ainsi une figure tutélaire de la « germalinguistique » qui disparaît avec lui.
Delphine Pasques, professeure de linguistique allemande
Martine Dalmas, professeure émérite de linguistique allemande
Yvon Desportes, professeur émérite de linguistique allemande