L’objectif de cette journée d’étude est de s’éloigner des discours mémoriels officiels pour s’intéresser à l’échelle de l’individu à partir de photographies souvent privées (albums de famille, clichés conservés dans des fonds privés), parfois issues de sources publiques (musées, archives). La photographie vernaculaire, « art mineur » selon Pierre Bourdieu (terme traduit en allemand par « illegitime Kunst »), est pourtant envisagée comme source historique. Elle permet d’écrire une histoire « par en bas », celle d’individus tirés de leur anonymat, en leur redonnant un nom, un visage, en tentant de retracer leurs trajectoires pour raconter une histoire de la société plus riche et plus vivante que celle des seules structures. Quelle est la place de la photographie dans l’écriture des biographies, au-delà de la simple illustration ? Comment peut-elle dévoiler l’agentivité des individus ? De quelle manière la découverte de nouveaux fonds photographiques peut-elle nourrir ou susciter l’enquête biographique ? Par ailleurs, comment des photographies privées apportent-elles un éclairage inédit sur les grands processus historiques ? A quels discours (enquêtes historiques, récits personnels, textes littéraires, etc.) donnent-elles alors lieu ?
Dans une perspective interdisciplinaire, la journée d’étude croise des approches historiques, littéraires, sociologiques, psychologiques, anthropologiques mais aussi artistiques. En présentant des destins individuels révélés par la photographie, elle nous invite à examiner d’une manière nouvelle la place de l’individu dans l’Histoire et éclaire les mécanismes de transmission, d’appropriation mais aussi parfois d’occultation des événements nationaux et internationaux.
8h15 – Accueil des participants
8h30 – Ouverture de la journée
9h00-10h30 – Panel 1 : Photographie privée et récit historique
Présidente de séance : Hélène Yèche
- 9h00 – Christian GRÜNNAGEL (Ruhr-Universität Bochum) : La photographie et la littérature devant l’Histoire : de la Seconde Guerre mondiale et l’amitié franco-allemande à notre actualité.
- 9h20 – Paul MELLENTHIN (Karl-Eberhard-Universität Tübingen) : Prêt pour l’Histoire ? Le sujet révolutionnaire et l’objet de l’appareil photographique.
- 9h40 – Alfred PRÉDHUMEAU (Université Toulouse II Jean Jaurès) : La Chute du Mur, microhistoire et photographie subjective – traces visuelles et chronotopiques léguées par le photographe amateur Günter Krauke (1951-2022).
- 10h00 – Discussion
10h30-10h45 – Pause-café
10h45-12h15 – Panel 2 : Photographie et écriture (auto)biographique
Président de séance : Christian Grünnagel
- 10h45 – Corine DEFRANCE (Université Paris 1 / CNRS – UMR 8138 SIRICE) : « Je préfère ne pas connaître le visage de Françoise Frenkel. » Photographies et écriture biographique.
- 11h05 – Sandie ATTIA (Université de La Réunion) : « Et cet enseignement fut utile : pour presque tout ce qui arriva ensuite. » Photographie et prémonition a posteriori chez Ilse Aichinger.
- 11h25 – Amélie GRONDIN (Iconothèque historique de l’océan Indien / Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) : Décrire l’image sensible par le dialogue intergénérationnel : présentation d’un projet de médiation de l’Iconothèque historique de l’océan Indien.
- 11h45 – Discussion
12h15-13h30 – Pause-déjeuner
13h30-15h00 – Panel 3 : Photographies de famille : approches psychologiques, sociologiques et littéraires
Présidente de séance : Corine Defrance
- 13h30 – Rachid OULAHAL (Université de La Réunion) : Les photographies de famille en situation migratoire – itinéraire d’un objet de transmission mémorielle et intergénérationnelle.
- 13h50 – Camila ARÊAS, Colin ROBINEAU (Université de La Réunion), Amélie GRONDIN (Iconothèque historique de l’océan Indien / Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) : Les photographies de nénènes à La Réunion : intimités familiales et mémoire (post)coloniale.
- 14h10 – Sara BAUMEISTER (Freie Universität Berlin) : « Nous n’avons rien en main, seulement notre mémoire endommagée. » Photographie, mémoire et récit collectif dans Wir sind golden, wir sind aus Blut. Ein Familienalbum de Nancy Hünger (2014).
- 14h30 – Discussion
15h00-16h00 – Panel 4 : Collections photographiques et récits ethnographiques
Présidente de séance : Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo
- 15h00 – Ulrich PFEIL (Université de Lorraine) : Photos d’une invisible. Collection privée – collection scientifique : les photographies de Lotte Beyer des Landes de Gascogne.
- 15h20 – Christine OROBITG (Université de La Réunion) : Photographie, écriture et mémoire dans Tierra de mujeres (2019) de Maria Sanchez.
- 15h40 – Discussion
16h00-16h15 – Pause-café
16h15-17h15 – Panel 5 : Préserver et construire le patrimoine photographique
Présidente de séance : Sandie Attia
- 16h15 – Yakina MOHAMED DJELANE (Université de La Réunion) : Les photographies de Mbaraka Sidi face aux enjeux de patrimonialisation.
- 16h35 – René Paul SAVIGNAN, Frédéric POTHIN (photographes) : « Résonances réunionnaises » : du XIXe siècle à aujourd’hui, un dialogue photographique avec Constant Azéma et Jules Lacombe.
16h55 – Discussion
17h30 – Clôture de la manifestation

