Si le terme allemand « Wanderer » signifie en tout premier lieu le marcheur, le randonneur, dans la littérature il peut tout aussi bien désigner le vagabond, l’errant ou encore le migrant. Cette figure a ceci de séduisant pour l’écriture qu’elle incarne une ambiguïté première : celle de jouir d’une liberté tout en faisant l’expérience du manque de celle-ci. « En aucune/ partie/ du monde/ je ne peux m’établir » dit le vagabond de Giuseppe Ungaretti dans le poème du même nom (« Girovago ») : « Je cherche un pays/ innocent. » Fascinant pour la marginalité, la dimension provisoire et la quête infinie qu’il symbolise, son image prend au fil des époques des reflets variés, toujours nouveaux. Qu’en est-il de cette figure à l’époque contemporaine ? S’interroger sur les caractéristiques que revêt le Wanderer à la fin du siècle dernier et dans le siècle naissant implique avant tout de réfléchir à la part de liberté que représente encore son errance, à l’ambivalence constitutive du Wanderer entre liberté et non-liberté.
Colloque organisé par Emmanuelle Terrones
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