
Lieu de la rencontre : Zentrum für Militärgeschichte und Sozialwissenschaften der Bundeswehr (ZMSBw), Potsdam
Organisatrices: Prof. Dr. Tanja Bührer (Paris Lodron Universität Salzburg), Prof. Dr. Isabelle Deflers (Universität der Bundeswehr München) und Prof. Dr. Karen Hagemann (University of North Carolina at Chapel Hill) en coopération avec le ZMSBw.
Thème et objectifs
La violence extrême des guerres coloniales et des guerres de libération anticoloniales ainsi que la pratique de la violence structurelle et réelle, inhérente à la domination coloniale, ont fait l’objet d’une attention scientifique accrue au niveau international au cours des deux dernières décennies. Cependant, la dimension de genre reste encore trop peu étudiée, bien que les recherches menées jusqu’à présent sur l’histoire du genre dans les conflits coloniaux montrent que cette catégorie d’analyse a une importance considérable aussi bien comme approche théorique et méthodologique que comme objet de recherche.
Les rôles genrés construits de manière intersectionnelle en lien avec les différences sociales, ethniques et raciales ont façonné et légitimé les capacités d’action des hommes comme des femmes dans les interactions marquées par la violence des conflits coloniaux. Elles ont considérablement influencé les pratiques de violence des envahisseurs coloniaux et les expériences de violence de la population colonisée. Les femmes indigènes dans les colonies ont par exemple été en grand nombre victimes de violences sexuelles sous différentes formes allant de la prostitution forcée aux concubinages forcés en passant par les viols. Les hommes indigènes ont été contraints au travail forcé par les puissances coloniales et recrutés comme soldats dits coloniaux.
Dans les guerres coloniales et les guerres de libération anticoloniales, surtout lorsqu’elles prenaient la forme de guérillas, la distinction faite dans le droit international de la guerre – du moins en théorie – entre les soldats et la population civile était en général totalement abolie. Elles ont été menées très tôt comme des guerres « totales » avec une violence de masse systématique contre l’ensemble de la population à coloniser. Tant les troupes coloniales que les forces armées des mouvements de libération anticoloniaux dépendaient, lors de leurs campagnes, du soutien et des services de la population civile, y compris des femmes. Après les conquêtes coloniales victorieuses, la tyrannie sur la population indigène s’est maintenue de diverses manières. Dans les métropoles impériales, les hommes comme les femmes ont, de manière spécifique à chaque sexe, soutenu la politique guerrière de la conquête coloniale. Les deux sexes ont également participé activement et de différentes manières aux soulèvements et aux guerres de libération qui ont lutté contre l’oppression coloniale.
L’objectif de la première journée d’étude thématique du nouveau réseau de recherche MKGD est d’étudier les interactions marquées par diverses formes de violence dans les guerres coloniales, la domination coloniale et les luttes de libération anticoloniales, dans une approche comparative et en mettant l’accent sur le « genre ». Nous voulons prendre en considération les conflits coloniaux tant à l’époque moderne que contemporaine jusqu’à la fin de la guerre froide et invitons à proposer soit des études de cas contextualisées, soit des comparaisons diachroniques ou synchroniques.
Invitée pour la conférence keynote :
- Dr. Natalya Benkhaled-Vince (Oxford University)
Appel à communication:
Cet appel à communication s’adresse aux doctorantes et doctorants avancé.e.s, aux chercheuses et chercheurs titulaires d’un doctorat et aux titulaires de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les contributions soumises peuvent aborder les aspects et thèmes suivants, mais ne doivent pas nécessairement s’y limiter :
- dimensions et dynamiques interculturelles de la violence de genre et des organisations violentes
- le rôle des catégories intersectionnelles génératrices d’inégalité : race/ethnicité, classe et genre dans l’espace de violence colonial
- Les représentations intersectionnelles des sexes, en particulier les constructions de la masculinité, des acteurs de la violence coloniale et postcoloniale
- La violence sexuelle et sexualisée comme instrument des conflits coloniaux et postcoloniaux
- Continuités de la violence coloniale genrée et de représentations de la masculinité / de structures patriarcales dans les mouvements anticoloniaux
- Voix, pratiques et action féminines dans les conflits coloniaux
Les exposés dureront 20 minutes chacun. Les langues de travail seront l’anglais et l’allemand. Pour la journée d’étude, nous vous prions d’envoyer un résumé (environ 700 mots) et un bref CV. Veuillez envoyer votre candidature jusqu’au 30 avril 2024 à : tanja.buehrer@plus.ac.at
Atelier d’écriture pour doctorant.e.s le 30 janvier 2025
L’atelier d’écriture doit permettre de discuter en petit comité trois à quatre manuscrits en allemand ou en anglais, qui doivent avoir un lien avec le thème de l’atelier et qui sont destinés à être publiés dans une revue nationale ou internationale. Les manuscrits sélectionnés seront commentés par des expertes et experts invité.e.s à l’atelier et feront ensuite l’objet d’une discussion commune sur la manière dont ils pourraient être retravaillés pour être acceptés comme publication dans une revue à comité de lecture.
Les doctorantes et doctorants intéressé.e.s sont invité.e.s à envoyer leur candidature avec un exposé (environ 1.500 mots) et un bref CV. Veuillez envoyer votre candidature avant le 30 avril 2024 à : isabelle.deflers@unibw.de
Les frais d’hôtel et de transport (avion ou train en deuxième classe) des participantes et participants invité.e.s seront pris en charge par le réseau de recherche MKGD.
Pour plus d’informations sur le réseau de recherche MKGD consultez : https://mkgd.hypotheses.org/