Nous avons le plaisir de vous transmettre ci-dessous un appel à communications pour la
journée d’étude « Le secteur LANSAD en transition: identités, besoins et pratiques dans
un monde qui change », qui se tiendra à l’université de Lille (et en distanciel) le 15 novembre
2024. Cet événement est co-organisé par le laboratoire STL- Savoirs, Textes, Langage- UMR
8163 et le Centre de langues de l’université de Lille (CLIL).
Les propositions (600 mots) accompagnées d’une courte notice bibliographique (100 mots)
devront être envoyées à Kate Brantley (mary-katherine.brantley@univ-lille.fr) et à Ana Laura
Vega (ana-laura.vega-umana@univ-lille.fr) avant le 15 juillet 2024.
Le secteur LANSAD en transition : Identités, besoins et pratiques dans un monde qui
change
Les années 2010-2020 ont vu fleurir des recherches cherchant à définir, caractériser ou
modéliser le secteur LANSAD, aussi bien dans ses aspects institutionnels que didactiques
(Braud et al., 2015; Brudermann et al., 2016; Rivens Mompean, 2016; Sarré & Whyte, 2016;
Labetoulle, 2019; Sarré, 2024). Des questionnements autour des objectifs et des contenus des
cours (Brantley, 2020; Wozniak et Millot, 2016), des rôles des CRL (Rivens Mompean, 2013),
de la formation et de l’identité des enseignants (Sarré, et al., 2021, Vega Umaña, 2021), de la
place de la certification (Bardière, et al., 2022; Braud et al., 2022), pour n’en citer que
quelques-uns, ont contribué à dynamiser les réflexions didactiques sur le secteur et à mieux
cerner son « identité à multiples facettes » (Brudermann et al., 2016).
Ces dernières années, nous avons été confrontés à une série de grands changements
sociétaux, technologiques, politiques et environnementaux. En effet, la pandémie de COVID-19
a modifié les priorités de recherche et les pratiques dans tous les niveaux d’enseignement, et
plus récemment, le développement de l’IA contraint les enseignants à réévaluer la nature
même de l’éducation. En plus de ces facteurs, la crise climatique, les conflits mondiaux et les
migrations massives changent les priorités mondiales à tous les niveaux. Tous les catalyseurs
de changement ne sont cependant pas négatifs, car la visibilité croissante des groupes
sous-représentés suscite des conversations sur la manière de communiquer de manière plus
juste et précise.
Comment ces transitions impactent-elles le secteur LANSAD et ses acteurs ? Dans quelle
mesure le secteur peut-il/doit-il/est-il en train de s’adapter à ces changements ? Comment
réactualiser les caractérisations/modélisations du secteur à la lumière de ces bouleversements
? Cette journée d’étude propose d’engager une réflexion collective autour de ces questions.
Nous souhaitons accueillir des communications concernant les défis actuels et futurs auxquels
est confronté le secteur LANSAD ainsi que la durabilité du secteur dans son ensemble. Les
propositions pourraient s’inscrire dans une ou plusieurs des thématiques suivantes :
Identité(s)
L’acronyme LANSAD a été proposé en 1993 par Michel Perrin afin de donner une identité à un
secteur en pleine croissance, qui jusqu’alors était connu sous le terme peu valorisant de
langues pour non-spécialistes. Trente ans plus tard, qu’entendons-nous par LANSAD ? Quelles
représentations attachons-nous à cet acronyme ? Utilisé aujourd’hui plutôt pour désigner une
réalité institutionnelle et administrative que didactique ou pédagogique, dans quelle mesure ce
terme regroupe-t-il des préoccupations communes ? Dans ce « territoire pédagogique immense
aux contours imprécis et aux caractéristiques extrêmement hétérogènes » (Van der Yeught,
2014), qu’est-ce qui nous rassemble?
Réfléchir à l’identité du secteur LANSAD c’est aussi réfléchir à son rôle, à ses missions et à son
importance dans la formation et la professionnalisation des étudiants. Quels outils, quelles
compétences pouvons-nous, en tant qu’enseignants de langue, apporter aux étudiants afin de
les aider à mieux affronter les défis d’un monde en constant changement ?
Nous pouvons également poser la question des identités plurilingues et pluriculturelles des
étudiants et des enseignants. Dans quelle mesure le secteur LANSAD et les politiques
linguistiques le concernant promeuvent la diversité linguistique et culturelle ?
Comment la diversité, dans toutes ses formes, est-elle abordée à travers l’enseignement des
langues ? Dans un climat sociopolitique penchant de plus en plus vers une « intranquillité
identitaire » (Blanchard, 2017), quel rôle joue l’enseignement des langues pour défendre et
soutenir l’ouverture à l’Autre?
Besoins
Les profonds changements de ces dernières années rendent nécessaire une réévaluation des
besoins des différents acteurs du domaine LANSAD. Par exemple, les besoins des étudiants
évoluent rapidement car les outils technologiques automatisent certaines activités et en
facilitent d’autres. De plus, les changements sociétaux entraînent des évolutions dans
l’utilisation des langues, telles que celles visant à accroître la visibilité de groupes auparavant
sous-représentés ou la création de nouveaux genres textuels que les étudiants devront
maîtriser dans leurs professions. Enfin, l’importance de la certification en langues pour les
employeurs et les établissements d’enseignement supérieur accroît la nécessité de proposer
aux étudiants une certification reconnue, durable et soutenue par la communauté scientifique.
Dans ce contexte, les enseignants du LANSAD, dont la plupart ne suivent aucune formation
spécifique, doivent s’adapter aux besoins changeants de leurs étudiants dans un contexte
économique où les budgets des universités sont souvent limités.
Pratiques
En dehors de la salle de classe, les étudiants changent de plus en plus leurs habitudes. Les
réseaux sociaux offrent de nouvelles plateformes et, par conséquent, de nouveaux types
d’interactions, et les étudiants s’engagent de plus en plus dans des genres textuels en
constante évolution tels que les fils de discussion et les vidéos TikTok. Ce haut degré
d’exposition potentielle aux langues étrangères conduit à un apprentissage informel croissant.
Cet apprentissage informel soulève un certain nombre de questions. Comment les enseignants
de LANSAD peuvent-ils combler le fossé entre le type de contenu en ligne auquel les étudiants
sont exposés et les compétences académiques et professionnelles qui les aideront
probablement à réussir dans leur carrière ? Quel genre de connaissances culturelles les
étudiants acquièrent-ils lors de l’exposition à des séries, des podcasts et des films, et comment
peuvent-ils appliquer ces connaissances culturelles lorsqu’ils parlent une langue étrangère ?
Chez les enseignants, les pratiques évoluent également à mesure qu’ils s’adaptent aux outils
technologiques et à l’apprentissage informel de leurs étudiants. Des questions sont soulevées
telles que : Comment les adaptations faites pendant la crise du COVID ont-elles impacté nos
approches pédagogiques ? Comment s’assurer que malgré l’attrait des nouveaux outils qui
émergent, nous maintenons bien les préoccupations pédagogiques au premier plan ? Dans un
monde rempli de content, comment les enseignants sélectionnent-ils les ressources utilisées
dans leurs cours ? Comment tirer profit de la puissance de l’intelligence artificielle pour alléger
notre charge de travail et nous permettre de consacrer plus d’énergie aux questions didactiques
et pédagogiques ?
En conclusion, l’objectif de cette journée d’études est d’offrir l’occasion de réfléchir aux
changements survenus dans le secteur LANSAD ces dernières années, dans le but de
poursuivre les discussions entamées et de renforcer les collaborations qui peuvent assurer sa
visibilité, sa qualité et sa durabilité.
Conférencier invité: Cédric Sarré
Comité Scientifique:
Kate Brantley
Cédric Brudermann
Carmenne Kalyaniwala
Aude Labetoulle
Ewen Lecuit
Justine Paris
Annick Rivens Mompean
Kathleen O’Connor
Cédric Sarré
Ana Laura Vega Umaña
Comité d’organisation:
Kate Brantley
Zaideth Ponce Alonso
Annick Rivens Mompean
Ana Laura Vega Umaña
Bibliographie
Bardière, Y., Rouveyrol, L. & Chouissa, C. (2022). Le CLES, levier de la politique des langues
dans l’Enseignement Supérieur. Dans : Jean-Claude Beacco éd., La gouvernance linguistiquedes universités et établissements d’enseignement supérieur (pp. 357-377). Observatoireeuropéen du plurilinguisme.
Blanchard, P. (2017). L’intranquillité identitaire : de la peur de l’autre au doute sur soi. Dans: René Frydman éd., L’intranquillité: Déni ou réalité ? (pp. 189-195). Paris cedex 14: Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.frydm.2017.03.0189
Brantley, K. (2020) Re-framing the specificity debate in the Lansod sector around pragmatics: An action research project exploring the development of flexible pragmatic skills instead of “General English” for second-year students in culture and media. University of Lille, Lille.
Braud, V., Millot, P., Sarré, C., & Wozniak, S. (2015). «You say you want a revolution…»
Contribution à la réflexion pour une politique des langues adaptée au secteur LANSAD.
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Braud, V., Millot, P., Sarré, C. & Wozniak, S. (2022). Certification ou accréditation ? Quelle
mesure pour la qualité des formations universitaires en langues pour spécialistes d’autres
disciplines (LANSAD) ?. Dans : Jean-Claude Beacco éd., La gouvernance linguistique des
universités et établissements d’enseignement supérieur (pp. 395-404). Observatoire européen du plurilinguisme.
Brudermann, C., Mattioli, M., Roussel, A., & Sarré, C. (2016). Le secteur des langues pour
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nationale menée par la SAES. Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité., 35(1). 1-19.
Labetoulle, A. (2019). Etude de la complexité des environnements d’apprentissage et
d’enseignement LANSAD pour la conception, la mise en place et l’évaluation d’un dispositif en anglais. University of Lille, Lille, France.
Rivens Mompean, A. (2013). Le centre de ressources en langues: vers la modélisation du
dispositif d’apprentissage. Villeneuve d’Ascq: Presses Universitaires du Septentrion.
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Sarré, C. & Whyte, S. (2016). Research in ESP teaching and learning in French higher
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Sarré, S. (2024) Approche didactique de l’anglais de spécialité : de la didactique à la pédagogie ou comment faire dialoguer recherche et pratique. Université de Lille.
Sarré, C., Skarli, P., & Turula, A. (2021). The pedagogy of languages for specific purposes:
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Van der Yeught, M. (2014). Développer les langues de spécialité dans le secteur
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Vega Umaña, A. (2021). Vers une caractérisation de l’identité professionnelle des enseignants du secteur LANSAD : pratiques, rôles et représentations. Université de Paris 3, Paris.
Wozniak, S., & Millot, P. (2016). La langue de spécialité en dispute. Quel objet de connaissance pour le secteur Lansad? Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité. Cahiers de l’Apliut, 35(1).