Nous reproduisons ici un texte d’hommage à notre collègue, Madame la Professeure Marita Gilli (Université de Franche-Comté), rédigé par Laurence Jehle-Blanc et publié dans le numéro 27 de La lettre des Lettres de l’UFC en juin 2023. L’AGES remercie notre collègue et le directeur de publication pour leur aimable autorisation de reproduction du texte.

Marita GILLI, Professeur honoraire de civilisation allemande, est décédée le 23 janvier dernier.
Après Nice où elle est scolarisée et fait une grande partie de ses études, après Mayence où elle effectue un séjour d’une année, elle arrive à la fin des années 1950 à Besançon pour préparer l’agrégation d’allemand. Elle y effectuera alors la totalité de sa carrière professionnelle, d’abord au lycée Pasteur, puis à la Faculté des Lettres où elle assume de nombreuses responsabilités jusqu’à sa retraite en septembre 1998.
Directrice de ce qui s’appelle encore la « section » d’allemand à partir de 1972 et jusqu’à son départ, nommée professeur en 1976, première femme à avoir été élue doyenne de l’UFR SLHS en 1979, Marita GILLI s’engage également dans les instances de l’Université, fonde, avec le professeur Albert DÉROZIER, l’unité de recherche pluridisciplinaire qui deviendra le laboratoire Littérature et Histoire des pays de langues européennes, puis le Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (C.R.I.T.). Elle établit, sur la base de coopérations scientifiques souvent, de solides relations avec de nombreuses Universités partenaires, en Allemagne – de l’Ouest comme de l’Est – et en Autriche – avec l’Université d’Innsbruck notamment.
A côté de ses nombreuses responsabilités, Marita GILLI mène une intense activité de recherche. Passionnée par l’histoire, elle est une spécialiste de l’influence des Lumières et de la Révolution en pays germaniques. Sa thèse de doctorat G. Forster. L’œuvre d’un penseur allemand réaliste et révolutionnaire (1754-1794), soutenue en 1974, est la première d’une longue série de recherches qui comptent comme des contributions majeures à la thématique de l’Allemagne au temps de la Révolution française. Membre du Comité des Travaux Historiques et scientifiques, elle participe activement, en lien avec la Mission du Bicentenaire de la Révolution française, aux célébrations et organise par exemple en novembre 1987 le colloque international Région, Nation, Europe – Unité et diversité des processus sociaux et culturels de la Révolution française, qui réunit plus de cinquante chercheurs et fait de Besançon un haut-lieu des commémorations du Bicentenaire.
Distinguée à plusieurs reprises (Officier de l’Ordre National du Mérite en 1984, Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques en 1994 par exemple), Marita GILLI était aussi une personnalité qui, derrière un calme et une retenue sans égal, faisait preuve d’une grande bienveillance, d’une fidélité et d’une fiabilité précieuses, dans les engagements comme dans les amitiés. Chez elle, toute promesse de soutien, aux projets comme aux collègues ou aux étudiants, valait engagement.
Laurence Jehle-Blanc, Université de Franche-Comté