L’œuvre de l’auteure de langue allemande Helga M. Novak (1935-2013) n’est pas très connue en France, et ce malgré de récentes traductions de ses poèmes par Laurent Cassagnau ou Jean-François Nominé. Onze ans après le décès de Novak, il semble essentiel de participer au rayonnement en France de cette auteure, dont la nationalité islandaise ne reflète pas la place qu’elle occupe dans le paysage littéraire germanophone de la fin du XXème siècle.
Cette journée d’études, organisées au sein du laboratoire ILLE, se propose de revisiter l’œuvre de Novak dans sa globalité (autobiographie, textes en prose et poèmes) sous la double perspective de l’errance et de l’enracinement, tout en intégrant de façon plus spécifique les traductions de ses textes en français. Enfant abandonnée, maltraitée par sa mère adoptive, elle s’émancipe de ses parents adoptifs à l’âge de 15 ans et se jette à corps perdu dans les bras de l’idéologie communiste. Exclue par deux fois de l’Université, déchue de sa nationalité est-allemande, son parcours personnel se distingue à la fois par une volonté acharnée d’être au plus près des révoltes européennes pour la liberté (en RFA, au Portugal, en Pologne, par exemple) et d’autre part par le désir de s’enraciner quelque part, de « retrouver le chemin vers une communauté ». Ce double ancrage se reflète dans les multiples vies qu’elle a menées, de RDA en Islande, en passant par la Yougoslavie et la Pologne, et sans jamais retrouver, même après la réunification, sa nationalité allemande. Poétesse, écrivaine, ouvrière à la chaîne ou dans des pêcheries de hareng, braconnière et amoureuse, les facettes de l’œuvre et du parcours personnel de Novak méritent qu’on leur consacre attention et intérêt scientifique.
Informations pratiques :
La participation à cette journée d’études peut s’envisager en présentiel ou en distanciel. Pour plus d’informations, merci d’adresser un mail à : celine.weck@uha.fr