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CfP_Anniversaires_Cahiers d’Études Germaniques n° 83_délai prop. 23 août 2021_texte 21 déc. 2021

Anniversaires

Was ist das: »Zeit«? Ich bin Kalenderforscher, nicht Physiker, antwortete der Mönch Andrej Bitow. Es sind die TRENNER zwischen den Zeiten, auf die es ankommt, also Jahreswechsel, Wechsel von Tag und Nacht, Abwechslung (zum Beispiel des Wetters), die Einteilung nach Stunden und Minuten (auch Sekunden, in denen einer sterben kann), nach Generationen und Lebensläu­fen: Zeit, sich zu fürchten; Zeit, zu lieben.

Sie meinen also, insistierte der Besucher, daß die Zeit keine obrigkeitlichen Eingriffe duldet? Sie ist autonom? Bitow antwortete: Wem gehört sie? Hier­auf erwiderte der Biologe Dr. Siegmund Fritsche: Sie gehört den Zellen, al­lenfalls dem Planeten Erde selbst, nicht einmal dem Individuum. Hier enden, fährt er fort, die garantierten Freiheitsrechte.

Besonders gefährlich ist es, sagte Bitow, den 31. Dezember, den letzten Tag des Jahres also, zu manipulieren. Von Natur aus endet kein Jahr. Es sind 6000 Jahre Vorgeschichte notwendig, um den »Jahreswechsel«, einen Schnitt in der Zeit, zu bewirken. Ohne Religion geht das überhaupt nicht.

Alexander Kluge, Das fünfte Buch. Neue Lebensläufe, 402 Geschichten, Berlin, Suhrkamp Verlag, 2012, p. 260.

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Anniversaires

Cahiers d’Études Germaniques n° 83

Coordination scientifique :

Hélène Barrière (CRIT, Université de Franche-Comté), Susanne Böhmisch (ÉCHANGES, Aix-Marseille Université), Hilda Inderwildi (CREG, Université Toulouse Jean Jaurès), Nathalie Schnitzer (ÉCHANGES, Aix-Marseille Université), Katja Wimmer (CREG, Université Paul Valéry Montpellier 3), Ralf Zschachlitz (LCE, Université Lumière Lyon 2)

 

Créés en 1972, les Cahiers d’Études Germaniques fêteront en 2022 leur cinquante ans d’existence. Est prévu pour l’occasion un numéro spécial intitulé « Anniversaires ». Il se conçoit comme une variation thématique sur le genre du Festschrift en ce sens qu’il souhaite éviter l’éventuelle tentation hagiographique d’un volume entièrement dédié aux Cahiers d’Études Germaniques et à leur histoire.

Démarcations temporelles (Trenner) et repères chronologiques, les anniversaires scandent le rythme de la vie, tant privée que collective. Ils sont l’occasion de “faire famille ou communautéˮ et participent de la vie sociale dont anthropologues et sociologues, entre autres, disent qu’elle fonde la catégorie du temps. Généralement associés à la fête et à la convivialité, à des émotions et des événements positifs[1], les anniversaires peuvent aussi remémorer une circonstance douloureuse, l’absence ou la perte. Les psychologues en parlent comme d’un temps de l’ego et observent qu’ils conduisent, par-delà le narcissisme et le birthday blues, à des moments réflexifs, au retour sur soi, sur ses aspirations, ses réalisations et ses échecs. Ainsi les anniversaires s’inscrivent-ils toujours dans une démarche double, régressive et progressive à la fois.

Les anniversaires sont étroitement liés au cycle du souvenir, à une démarche généalogique – assumée ou pas – et à la chronique. Envisagés comme tels, ils recouvrent la période de ce que nous appelons le présent d’une vie, soit environ 90 ans, l’espace de trois générations. Mais les anniversaires sont également le moyen de singulières propulsions par l’intermédiaire de « ces choses du passé que l’avenir nous fait revivre, et qui sont constitutives de notre heureuse condition : les éons, la confiance originelle.[2] » Véritables machines à fantasmes, ils portent en eux le germe de potentiels récits mais également celui de contre-récits critiques, remplissant alors une fonction sociale ou politique. Dans cette perspective, l’historien Jean-Claude Schmitt utilise l’exemple des costumes que se fait confectionner au XVIe siècle Matthäus Schwarz à treize reprises lors de ses anniversaires[3] pour faire apparaître, derrière une histoire individuelle, la manière qu’a le premier capitalisme d’exposer sa réussite et de léguer à la postérité l’inventaire de son « patrimoine matériel et symbolique ».

Pour autant, les anniversaires, en particulier ceux du jour de naissance d’un individu commun, sont une invention récente apparue au XVIIe siècle dans les territoires protestants et au XXe siècle dans les pays catholiques qui, les considérant comme péchés d’orgueil, leur a longtemps préféré la fête du saint patron. Si les anniversaires (au sens de birthday et Geburtstag) représentent aujourd’hui la première forme de civilité des enfants et le sacre de l’individu, ils ont longtemps été éclipsés par d’autres types d’anniversaires (anniversary, Gedenktag) célébrant des personnages et des événements religieux ou publics.

Le rituel d’anniversaire, les vœux, les congratulations permettent d’envisager les anniversaires d’un point de vue linguistique. Qui a déjà adressé un « Joyeux anniversaire ! » à un proche avec quelques jours d’avance ou de retard sait que cet acte performatif est susceptible d’échouer lamentablement si les conditions d’énonciation ne sont pas réunies. Depuis les travaux fondateurs d’Austin[4] et de Searle[5], la théorie des actes de langage a certes rencontré un immense succès et connu de nombreux développements, mais le cas particulier de l’expression du vœu semble ne pas avoir beaucoup retenu l’attention des analystes, alors qu’il est d’un emploi très fréquent et « remplit des fonctions communicatives qui lui sont bien spécifiques et qui méritent d’être étudiées[6] ». Le vœu peut être défini linguistiquement comme « un énoncé exprimant le désir du locuteur qu’un état de choses positif se produise pour l’allocutaire »[7]. La « douceur verbale », l’expression des émotions positives, de la communication non-conflictuelle permettraient une approche originale à l’heure où l’on tend à privilégier l’étude d’interactions verbales hostiles. En mettant davantage l’accent sur la dimension positive de l’expressivité dans le cadre de la réflexion sur les anniversaires, il serait possible de se concentrer sur la description des discours visant à faire plaisir, à préserver la face de l’interlocuteur, à le valoriser, que ce soit à travers l’expression du vœu ou plus largement par le biais de tout discours empreint de politesse et de bienveillance – tout en gardant à l’esprit qu’une louable intention n’est pas toujours couronnée de succès.

Dans l’oscillation, entre l’individu et le collectif, l’intime et l’extime, entre les sphères privées et publiques, la thématique retenue pour le volume 83 des Cahiers d’Études Germaniques permettra des approches très diverses et pluridisciplinaires, relevant entre autres du champ des études linguistiques, littéraires ou culturelles, de l’histoire, de l’anthropologie, la sociologie, la philosophie et les arts. On pourra croiser les enquêtes biographiques et prosopographiques, les plans du micro et du macro. Les contributions s’articuleront aux axes suivants :

Anniversaires et rites, rituels d’anniversaire, mises en scène

Anniversaires, généalogie et chronique ; anniversaires et cycle du souvenir

Anniversaires et autobiographie, mémoire individuelle et collective

Anniversaires et mythe, temps vectoriel et temps cyclique

Anniversaire vs Geburtstag

Paradoxe de l’anniversaire, « syndrome d’anniversaire », faire famille vs secret de famille

Anniversaires et fantômes, anniversaires fantastiques

Birthday BluesBirthday Stress

Anniversaires, décompte et chiffre

Anniversaires et genre

Anniversaires et vie culturelle ou politique

Anniversaires et société de consommation, anniversaires et révolution numérique

Anniversaires et fêtes, cadeaux d’anniversaire, dons et contre-dons

Âges biologiques, agendas socio-professionnels et « calendriers intimes »

Anniversaires de naissance, anniversaires de mort, anniversaires oubliés

Anniversaires, existence individuelle et existence publique

Anniversaires, ego et temps-émotion

Allégresse et jubilation

Différences culturelles dans les célébrations d’anniversaire

Anniversaires et « douceur verbale »

Idylles monstrueuses

Anniversaires, actes performatifs et vœux

Anniversaires et politiquement correct

Anniversaires et actes de langage expressifs

CFP_Anniversaires_ CEG 83_français

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Aires d’application : pays de langue allemande, domaine franco-allemand

Notre ouvrage souhaite se démarquer de textes traitant uniquement de « commémorations ».

Les Cahiers d’Études Germaniques, ou d’autres revues, pourront faire l’objet de contributions en lien avec des dates anniversaires. On favorisera alors la réflexion sur la place et l’historicité de ces revues dans le champ des Études germaniques et face aux défis de l’avenir.

Les propositions de contributions sont attendues pour le 23 août 2021.

Les textes retenus devront être livrés avant le 21 décembre 2021. Merci de prendre bonne note de ces délais contraints.

Contacts :

Susanne Böhmisch, susanne.bohmisch@univ-amu.fr

Hilda Inderwildi, hilda.inderwildi@univ-tlse2.fr

 

[1] Gary Nickell, Katie Pederson, Cassie Rossow, “The Birthdate effect: An Extension of the Mere Ownership Effect”. Psychological Reports, 92/1, 2003, p. 161-163.

[2] Alexander Kluge Chronique des sentiments, livre II (Inquiétance du temps), Vincent Pauval (dir.), Paris, P.O.L., 2018, p. 17.

[3] Jean-Claude Schmitt, « L’invention de l’anniversaire », in Annales. Histoires, Sciences Sociales, 2007/4, p. 793-835.

[4] John Langshaw Austin, How to do Things with Words, New York, Oxford University Press, 1962.

[5] John R. Searle, Speech Acts: an essay in the philosophy of language, London, Cambridge University Press, 1969.

[6] Stavroula Katsiki, Les actes de langage dans une perspective interculturelle : l’exemple du vœu en français et en grec, thèse sous la direction de Catherine Kerbrat-Orecchioni, Lyon 2, 2001, p. 85.

[7] Ibid., p. 57.

RESPONSABLE :

Hélène Barrière, Susanne Böhmisch, Hilda Inderwildi, Nathalie Schnitzer, Ralf Zschachlitz

Colloque international_Les relations culturelles au sein du Triangle de Weimar_Montpellier_21-24 sept. 2021

Veuillez trouver le programme du colloque international

« Les relations culturelles européennes au sein du Triangle de Weimar. Mécanismes et processus du transfert culturel », qui aura lieu à Montpellier du 21 au 24 septembre 2021

 

Programme colloque Triangle de Weimar . Programm Tagung Weimarer Dreieck . Program konferencji Trójkąt Weimarski

Offre d’emploi _Poste d’enseignant contractuel à temps plein en Allemand_ AEI International School de l’Université Paris Est Créteil Val-de-Marne_à pourvoir au 1er octobre.

Offre d’emploi, Poste d’enseignant contractuel à temps plein en Allemand pour un docteur ou un doctorant à l’AEI International School de l’Université Paris Est Créteil Val-de-Marne à pourvoir au 1er octobre.

L’AEI International School propose des enseignements d’Allemand et en Allemand à des étudiantes et des étudiants de la L1 au M2 du niveau grand débutant au niveau confirmé. Les enseignements sont destinés à permettre aux étudiants d’aller étudier en Allemagne mais également d’effectuer des stages dans des pays germanophones. Le ou la personne recruté(e) devra permettre aux étudiants de se familiariser avec la culture et la civilisation allemande, préparer les étudiants à mener des entretiens d’embauche, rédiger des cvs en allemands. Notre Faculté encourage le développement de mode d’enseignements innovants, jeux de rôle, classe inversée, recours aux outils digitaux. La participation au développement des réseaux avec les universités allemandes serait également appréciée.

Pour plus d’information vous pouvez contacter Philippe Frouté, administrateur provisoire de la composante, philippe.froute@u-pec.fr ainsi que Séverine Morlat, responsable administrative, morlat@u-pec.fr.

En vous remerciant par avance, cordialement
Christina Tschech, docteure d’histoire de l’art

[concours] Journée d’études_Paris (Maison Heinrich Heine)_ 22 janvier 2022 _L’Autriche de 1918 à 1938

Une journée d’études à la Maison Heinrich Heine le 22 janvier 2022 sur L’Autriche de 1918 à 1938 est prévue dans le cadre du programme de l’agrégation et du CAPES d’allemand.

Intervenants prévus : Ernst Bruckmüller, Jean-François Candoni, Lucile Dreidemy, Jean-Numa Ducange, Laure Gallouët, Marc Lacheny, Hélène Leclerc, Jacques Le Rider, Herta Luise Ott.

Le programme définitif sera précisément ultérieurement.

Les contributions de cette journée d’études nourriront un volume de la collection « Clefs-concours (Histoire contemporaine) qui sera publié début 2022 aux éditions Atlande, avec des contributions également de Paul Pasteur et Pierre-Henri Lagedamon.

Contact : Hélène Leclerc (helene.leclerc[at]univ-tlse2.fr), Jean-Numa Ducange (jean-numa.ducange[at]univ-rouen.fr)

Clément Fradin, Bénédicte Terrisse (dir.), Hans Mayer. Revue germanique internationale 33 (2021)

Clément Fradin, Bénédicte Terrisse (dir.), Hans Mayer. Revue germanique internationale 33 (2021)

Prix: 30€
9782271135810
Revue germanique internationale
10/06/2021
206
17 x 24 cm

Site de l’éditeur 

L’année 2021 marque les vingt ans de la mort de Hans Mayer (1907-2001). Plutôt qu’une célébration, c’est l’occasion de s’interroger sur la signification que peut prendre pour nous aujourd’hui, trente ans après la Chute du mur, celui qui fut l’un des grands critiques littéraires allemands de la seconde moitié du XXsiècle. Professeur de littérature allemande à l’Est, à Leipzig, puis à l’Ouest, à Hanovre à partir de 1965, il n’eut de cesse de confronter son marxisme, sans cesse revendiqué mais hétérodoxe, aux classiques de la littérature allemande autant qu’aux grands auteurs de son temps auxquels il fut également lié, de Bertolt Brecht à Thomas Mann, en passant par Paul Celan. Ce volume ouvre ainsi de nouvelles perspectives sur deux points saillants de sa trajectoire. Il éclaire d’une part la manière dont le parcours de cet intellectuel né dans une famille de la bourgeoisie juive, exilé pour raisons politiques, dont les parents furent assassinés à Auschwitz, est exemplaire d’une histoire internationale des intellectuels du XXe siècle, prenant part aux reconfigurations idéologiques qui s’y jouent. D’autre part, il s’agit d’explorer la genèse, le développement et les limites de la méthode de cet historien de la littérature, nourrie de marxisme et d’hégélianisme, située entre la Théorie critique, les réflexions théoriques d’un Bertolt Brecht ou la philosophie d’un Ernst Bloch, en la confrontant à sa lecture de grands auteurs de la modernité (Kafka, Hofmannsthal), son rapport au judaïsme, sa pratique et ses conceptions de la littérature contemporaine.

Sommaire et articles sur https://journals.openedition.org/rgi/

 

Carola Hähnel-Mesnard (dir.), La rupture temporelle de 1989 et sa représentation dans la littérature, le théâtre et le cinéma, Germanica n°68 (2021) 1

La rupture temporelle de 1989 et sa représentation dans la littérature, le théâtre et le cinéma, Germanica n°68 (2021) 1

Édité par Carola Hähnel-Mesnard

Le dossier traite de la perception des bouleversements de 1989 en termes de temporalité. La littérature écrite après 1989, notamment par des auteurs d’origine est-allemande, fait apparaître une forte présence de la thématique du temps : constat d’un changement de rythme, d’une accélération inattendue dans tous les domaines de la vie, en décalage avec la lenteur ressentie jusque-là. Les articles s’interrogent sur la rupture temporelle de 1989 et la façon dont la littérature traduit et figure ce changement à l’exemple d’auteurs comme Bernd Schirmer, Reinhard Jirgl, Jenny Erpenbeck, Christoph Hein et Christa Wolf.

Édition Première édition
Éditeur Université de Lille
Support Livre broché
206 p.
ISBN-102913857477
ISBN-13 978-2-913857-47-6

GTIN13 (EAN13) 9782913857476

 


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Karine Winkelvoss, W.G. Sebald, l’économie du pathos, Paris, Garnier, 2021

Karine Winkelvoss, W.G. Sebald, l’économie du pathos, Paris, Garnier, 2021.

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Ce livre réinterroge le topos critique d’un W. G. Sebald « sans pathos ». Le pathos n’est pas en effet un simple additif dont on pourrait choisir de se passer et dont le bon goût interdirait l’usage, mais une dimension centrale de cette œuvre élégiaque déterminée notamment par la mémoire de la Shoah. L’exigence d’impassibilité et le refus du pathétique s’articulent ici à une éthique de l’empathie, opposée à l’apathie politique. A la lumière de la pensée d’Aby Warburg sur les formes du pathos, le présent ouvrage réexamine l’esthétique documentaire et le rôle des images sous l’angle inédit de l’économie du pathos et met en lumière dans cette perspective la poétique du geste et la référence au cinéma, au théâtre et à l’opéra.

 

W. G. Sebald, l’économie du pathos

 

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