Tous les articles par Bénédicte Terrisse

Bénédicte Terrisse, Werner Wögerbauer (dir), “La carte et la frise: les ‘images’ de l’histoire littéraire, entre visualisation et modélisation”, Germanica 71 (2022) 2

Germanica, n° 71 : La carte et la frise : les “images” de l’histoire littéraire, entre visualisation et modélisation

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Flyer (abonnement papier)

 

Dossier

La carte et la frise : des métaphores aux diagrammes

Bénédicte Terrisse, Werner Wögerbauer

Découper le temps

Sprach- und literaturwissenschaftliche Periodisierungsschemata in der Germanistik

Adam Oberlin

Generation in der deutschen Literaturgeschichtsschreibung bei Friedrich Schlegel und Julius Petersen

Ralph Winter

Literaturgeschichte als Hypertext: Florian Illies’ 1913 und David Wellberys A New History of German Literature zwischen Netzwerk und Chronik

Carolin Slickers

Un imagier

Offen und abgeschlossen – über theoretische Implikationen in Hans Magnus Enzensbergers Museum der modernen Poesie

Leo Pinke

(U)topische Literaturgeschichten von Vilém Flusser und Thomas Bernhard

Anna Iakovets

L’histoire littéraire comme flux et reflux. Enquête sur la réception d’une métaphore maritime chez Stefan Zweig

Gwenaëlle Zielinski

Vom Weichen der Bilder. Die konzeptuellen Vororte der Literaturgeschichte

Marion Picker

Coordonnées

Les pérégrinations de Gustav von Aschenbach : le problème de l’artiste moderne et de son inscription dans le réseau dédaléen de la culture germanique

Diane de Wrangel

Nerval lecteur – les lecteurs de Nerval. Le sonnet « Delfica » et Goethe dans le système de coordonnées de la poésie française

Michael Woll

Nationale Literaturgeschichte und europäischer Einfluss. Zur Flussmetapher in Cäsar Flaischlens GraphischerLitteratur-Tafel (1890)

Visualiser

Nico Kunkel

Von Graphen zu Word Embeddings – Zur Entwicklung des mathematischen und visuellen Instrumentariums der Literaturwissenschaft

Anne Baillot, David Lassner

(Re)lectures

La notion de décadence dans la littérature allemande (1890-1914)

Irène Cagneau

Actualité littéraire

Emine Sevgi Özdamar. Lauréate du Prix Georg Büchner 2022

Ein von Schatten begrenzter Raum(Berlin, Suhrkamp, 2021, 763 p.)

Carola Hähnel-Mesnard

Comptes rendus de lecture

Rainer Marwedel, Theodor Lessing, Kultur und Nerven – Kleine Schriften 1908-1909

Martine Benoît

Paul Mendes-Flohr, Martin Buber. Ein Leben im Dialog. Aus dem Englischen von Eva-Maria Thimme

Helmut Pillau

Rüdiger Görner, Franz Kafkas akustische Welten

Héloïse Demoz

Thorsten Carstensen, Die tägliche Schrift. Peter Handke als Leser

Gauthier Labarthe

Barbara Köhler, Blue Box. Poèmes

Carola Hähnel-Mesnard

 

Couverture du n°71 | décembre 2022

Prix Geneviève Bianquis de l’AGES 2023_Délai 31 janvier 2023

Soucieuse de promouvoir auprès des jeunes germanistes les activités de recherche scientifique et d’en faciliter la mise en œuvre, l’AGES a créé le « Prix de l’AGES », décerné pour la première fois en 2015. Depuis l’AG de l’AGES du 14 juin 2019, et après accord des ayant-droits, ce prix de mobilité a reçu le nouveau nom de “Prix  Geneviève Bianquis de l’AGES” . Ce prix, attribué chaque année, récompense une jeune chercheuse ou un jeune chercheur en cours de thèse afin de lui financer une mobilité rendue nécessaire par le travail scientifique engagé.

La date limite pour l’envoi des candidatures est fixé au 31 janvier 2023. Son montant est de 1500€

Vous trouverez en pièce jointe le règlement du prix.

Les dossiers comprendront :

  • une lettre de candidature adressée à la présidente de l’AGES
  • un curriculum vitae
  • un résumé du projet de thèse faisant état de l’avancement du travail (6-10 pages max.)
  • un projet précis de mobilité, avec calendrier et budget prévisionnel
  • une lettre de recommandation de la directrice/du directeur ou de la co-directrice/co-directeur de thèse (max. 1 page)

Les documents (PDF) sont à faire parvenir exclusivement par voie électronique aux secrétaires généraux de l’AGES.

laurent.dedryvere@u-paris.fr
hilda.inderwildi@live.fr

Appel à candidatures Prix Geneviève Bianquis 2023

Journée d’études “Ce qu’il reste de la RDA. Une bibliothèque est-allemande à Nantes” _18 et 19 novembre 2022_Nantes Université

Jusqu’en juin 2021, la bibliothèque Lettres de Nantes Université possédait dans l’un de ses magasins environ 850 ouvrages non répertoriés, liés par leur origine est-allemande. Ils sont issus pour la plupart de dons du centre culturel de la RDA à Paris, de l’ambassade de RDA en République française ou encore de la Délégation Permanente de la République Démocratique Allemande auprès de l’UNESCO, 24 rue Marbeau, 75116 Paris. Cet ensemble n’avait encore jamais fait l’objet d’aucune attention.

Afin de marquer l’entrée de ce fonds dans les collections de la BU lettres grâce au catalogage des ouvrages, nous souhaitons en proposer une première exploration scientifique lors d’une journée d’études qui se tiendra sur le campus tertre de Nantes Université vendredi 18 et samedi 19 novembre 2022.
L’objectif est à la fois de faire revivre le contexte dans lequel ce fonds à été constitué, d’ éclairer les thématiques pertinentes pour ce corpus et de présenter certains ouvrages-clé de façon plus approfondie.

Toutes les informations sur le site du CRINI

Interventions de: Ulrich PFEIL, Simon GODARD, Marie MÜLLER-ZETZSCHE, Florence BAILLET, Carola HÄHNEL-MESNARD, Danielle RISTERUCCI-ROUDNICKY, Mathilde ARNOUX, Caroline JESSEN, Sven KÖDEL, Jean-Paul BARBE, Jean MORTIER, Perrine VAL.

 

Programme

Vendredi 18 novembre – Château du Tertre

10 Accueil café
10h30-11h Mots d’accueil

Karine Durin (directrice du laboratoire de recherche CRINI)
Sophie Belan (doyenne de la Faculté des Langues et Cultures Étrangères)
Alexandre Jameau (Bibliothèques des lettres, Nantes Université)

Ruth Lambertz-Pollan et Bénédicte Terrisse (Nantes Université) : Une bibliothèque est-allemande à Nantes (ouverture de la journée d’études)

11h-12h conférence inaugurale et discussion.

Ulrich Pfeil (Université de Lorraine) :  Les relations culturelles entre la RDA et la France (sujet de la conférence inaugurale à confirmer)

Modération : Etienne Dubslaff (Université Paul Valéry Montpellier 3)

12h-12h45  Voir l’histoire et le monde à travers le regard de la RDA I

Simon Godard (Sciences Po Grenoble): Die Vermessung der (sozialistischen) Welt. La statistique est-allemande et la construction d’un discours sur l’économie-monde socialiste.

Modération : Etienne Dubslaff (Université Paul Valéry Montpellier 3)

12h45-14h Pause déjeuner

14h – 14h45 Voir l’histoire et le monde à travers le regard de la RDA II

Marie Müller-Zetzsche (Moses Mendelssohn Zentrum) : Der „richtige“ und der „falsche“ Antifaschismus. Erbe und Vermittlung eines komplexen Zusammenhangs

Modération : Henning Fauser (Nantes Université)

14h45-15h15 : Pause café

15h15-17h30 : Champs littéraires, modèles et canons en RDA

Florence Baillet (Sorbonne Nouvelle) : Le « modèle » du théâtre pour l’enfance et la jeunesse de RDA

Carola Hähnel-Mesnard (Université de Lille) :  Hedda Zinner: un exemple de littérature non-canonique de RDA

Danielle Risterucci-Roudnicky (Université d’Orléans): Le paysage éditorial est-allemand et la place de la traduction : analyse de quelques exemples issus du fonds RDA

Modération : Werner Wögerbauer (Nantes Université)

Samedi 19 novembre

FLCE – salle 444

9h30-11h30 Les livres de RDA et leurs trajectoires : études de cas

Mathilde Arnoux (Centre allemand d’histoire de l’art, Paris) : Regards croisés sur les titres communs à deux collections d’ouvrages d’histoire de l’art de RDA (BU de Nantes et du DFK Paris)

Caroline Jessen (Dubnow-Institut, Leipzig) : »Bauen in Berlin. Stadtplanung und die Geschichte der Dinge«

Modération: Elisabeth Kargl (Nantes Université)

11h30-11h45  Pause café

11h45-13h15 : Le fonds RDA dans son contexte, table-ronde

Mathilde Arnoux (Centre allemand d’histoire de l’art, Paris)
Jean-Paul Barbe (Nantes  – CCFA)
Caroline Jessen (Leipzig)
Sven Ködel (DHI Paris)
Jean Mortier (Université Paris 8)
Ulrich Pfeil (Université de Lorraine)
Perrine Val (Sorbonne Nouvelle)

Cette journée d’études est accompagnée d’une exposition en BU-Lettres.

Organisation:
Ruth Lambertz-Pollan
Bénédicte Terrisse

Comité scientifique:
Anne Baillot (Université du Mans)
Etienne Dubslaff (Université Montpellier III)
Sylvain Dufraisse (Nantes Université, CENS)
Karine Durin (Nantes Université, CRINI)
Nicole Colin-Umlauf (Université Aix-Marseille)
Henning Fauser (Nantes Université, CRINI)
Alexandre Jameau (conservateur de bibliothèques, Nantes Université)
Caroline Jessen (Dubnow-Institut, Leipzig)
Christine Lombez (Nantes Université, L’AMO)
Joël Massol (Nantes Université, LEMNA)
Maiwenn Roudaut (Berlin, Centre Marc Bloch et Nantes Université, CRINI)
Laure Teulade (conservatrice de bibliothèques, Nantes Université)
Werner Wögerbauer (Nantes Université, CRINI)

 

Elisabeth Kargl / Bénédicte Terrisse (dir.), “Transfuge, transfert, traduction: la réception de Didier Eribon dans les pays germanophones”, revue Lendemains 45 (2020) 180

Elisabeth Kargl / Bénédicte Terrisse (dir.), “Transfuge, transfert, traduction: la réception de Didier Eribon dans les pays germanophones”

Ldm
lendemains
Volume 45, Issue 180, December 2020
ISSN 0170-3803 (Print)

Prix: 26€

Lien vers le site de l’éditeur: https://elibrary.narr.digital/journal/ldm/45/180

commander l’ouvrage: https://www.narr.de/literaturwissenschaft/zeitschriften/lendemains/

 

Colloque international “Traduction et migration”_Valenciennes_UPHF_14-16 octobre 2021

Stéphanie Schwerter, Jean Charles Meunier, Nadine Rentel vous invitent au colloque international “Traduction et Migration”.

Migration et traduction sont des phénomènes étroitement liés dans le monde contemporain. Les raisons de se déplacer d’un pays à l’autre sont diverses, allant de la sécurité, de la démographie et des droits humains à la pauvreté et au changement climatique. Que les migrant·es aient quitté leur pays d’origine pour échapper aux persécutions politiques ou pour trouver de meilleures conditions de vie ailleurs, il leur faut s’adapter à un nouvel environnement culturel et linguistique. La communication joue un rôle clé dans l’intégration des migrant·es. L’acquisition de nouvelles compétences linguistiques est souvent rendue possible grâce à la traduction. Dans ce contexte, la traduction doit être considérée non seulement comme le simple transfert d’un discours écrit ou oral d’un contexte linguistique à un autre, mais aussi comme un acte de transfert culturel.

À partir d’approches variées, le lien entre la migration et la traduction sera interrogé dans un cadre interdisciplinaire mêlant études littéraires, musicologiques et cinématographiques, linguistique, didactique et philosophie. Cet angle d’attaque interdisciplinaire constitue une méthode innovante dans la mesure où, dans la recherche antérieure, la traductologie était rarement mise en relation avec d’autres disciplines.

Plus d’information sur www.uphf.fr/evenements/colloque-traduction-et-migration

 

programme-colloque-traduction-et-migration

 

[COLLOQUE INTERNATIONAL] Traduction et migration du jeudi14 octobre au samedi 16 octobre organisé par l'UPHF-DeScripto et la Westsächsische Hochschule Zwickau

Séminaire “le concept d’outsider”(Autour des “Marginaux” de Hans Mayer)_UPHF Valenciennes_16 septembre 2021_en ligne

Le jeudi 16 septembre aura lieu en visio la première séance du séminaire sur l’outsider de l’année 2021-2022,

à partir de 16h, autour du livre “Les Marginaux” (1975) de Hans Mayer

  • Stephanie Baumann (Université Polytechnique Hauts-de-France Valenciennes) “‘Les Marginaux’ de Hans Mayer. Trois récits historiques sans point final”
  • Bénédicte Terrisse (Université de Nantes) “Lire ‘Les bonnes femmes’ de Wolfgang Hilbig avec Hans Mayer”

événement en distanciel: https://bbb.uphf.fr/b/bal-ps8-dft-xho

organisé par Nicolas Balutet et Ludovic Nys

Séance 1 2021-2022

Gaëlle Loisel et Fanny Platelle (dir.), Traduction et Transmédialité (XIXe-XIXe siècles), Paris, Classiques garnier, 2021

Traduction et Transmédialité (XIXe-XIXe siècles)

sous la direction de Gaëlle Loisel et Fanny Platelle

Paris, Classiques Garnier, coll. Carrefour des lettres modernes, 2021

EAN : 9782406114420 — 233 p. — 28 €

Lien vers le site de l’éditeur
https://classiques-garnier.com/traduction-et-transmedialite-xixe-xxie-siecles.html

 

Le volume Traduction et transmédialité (xixe-xxie siècles) interroge la frontière entre l’acte de traduire et la transmédialité, au sens d’un processus de transfert d’un medium à un autre. Il explore les rapports entre traduction et transmédialité, en confrontant discours critiques et création.

Table des matières…

Lire les résumés…

 

Traduction et Transmédialité (XIXe-XXIe siècles)

CfP_Le musée dans la maison. La littérature d’intérieur_ouvrage collectif_prop. avant le 15 octobre 2021_chapitre 28 février 2022

Le musée dans la maison : la littérature d’intérieur

Appel à contribution

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol[at]univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon[at]univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8[at]gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

 

 

image:    © DIY House, Sam’s Study, Mecapuzzle Robotime

 

Appel_LiteraryMuseumsAtHome_DEF

 

 

 

 

CfP_Anniversaires_Cahiers d’Études Germaniques n° 83_délai prop. 23 août 2021_texte 21 déc. 2021

Anniversaires

Was ist das: »Zeit«? Ich bin Kalenderforscher, nicht Physiker, antwortete der Mönch Andrej Bitow. Es sind die TRENNER zwischen den Zeiten, auf die es ankommt, also Jahreswechsel, Wechsel von Tag und Nacht, Abwechslung (zum Beispiel des Wetters), die Einteilung nach Stunden und Minuten (auch Sekunden, in denen einer sterben kann), nach Generationen und Lebensläu­fen: Zeit, sich zu fürchten; Zeit, zu lieben.

Sie meinen also, insistierte der Besucher, daß die Zeit keine obrigkeitlichen Eingriffe duldet? Sie ist autonom? Bitow antwortete: Wem gehört sie? Hier­auf erwiderte der Biologe Dr. Siegmund Fritsche: Sie gehört den Zellen, al­lenfalls dem Planeten Erde selbst, nicht einmal dem Individuum. Hier enden, fährt er fort, die garantierten Freiheitsrechte.

Besonders gefährlich ist es, sagte Bitow, den 31. Dezember, den letzten Tag des Jahres also, zu manipulieren. Von Natur aus endet kein Jahr. Es sind 6000 Jahre Vorgeschichte notwendig, um den »Jahreswechsel«, einen Schnitt in der Zeit, zu bewirken. Ohne Religion geht das überhaupt nicht.

Alexander Kluge, Das fünfte Buch. Neue Lebensläufe, 402 Geschichten, Berlin, Suhrkamp Verlag, 2012, p. 260.

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Anniversaires

Cahiers d’Études Germaniques n° 83

Coordination scientifique :

Hélène Barrière (CRIT, Université de Franche-Comté), Susanne Böhmisch (ÉCHANGES, Aix-Marseille Université), Hilda Inderwildi (CREG, Université Toulouse Jean Jaurès), Nathalie Schnitzer (ÉCHANGES, Aix-Marseille Université), Katja Wimmer (CREG, Université Paul Valéry Montpellier 3), Ralf Zschachlitz (LCE, Université Lumière Lyon 2)

 

Créés en 1972, les Cahiers d’Études Germaniques fêteront en 2022 leur cinquante ans d’existence. Est prévu pour l’occasion un numéro spécial intitulé « Anniversaires ». Il se conçoit comme une variation thématique sur le genre du Festschrift en ce sens qu’il souhaite éviter l’éventuelle tentation hagiographique d’un volume entièrement dédié aux Cahiers d’Études Germaniques et à leur histoire.

Démarcations temporelles (Trenner) et repères chronologiques, les anniversaires scandent le rythme de la vie, tant privée que collective. Ils sont l’occasion de “faire famille ou communautéˮ et participent de la vie sociale dont anthropologues et sociologues, entre autres, disent qu’elle fonde la catégorie du temps. Généralement associés à la fête et à la convivialité, à des émotions et des événements positifs[1], les anniversaires peuvent aussi remémorer une circonstance douloureuse, l’absence ou la perte. Les psychologues en parlent comme d’un temps de l’ego et observent qu’ils conduisent, par-delà le narcissisme et le birthday blues, à des moments réflexifs, au retour sur soi, sur ses aspirations, ses réalisations et ses échecs. Ainsi les anniversaires s’inscrivent-ils toujours dans une démarche double, régressive et progressive à la fois.

Les anniversaires sont étroitement liés au cycle du souvenir, à une démarche généalogique – assumée ou pas – et à la chronique. Envisagés comme tels, ils recouvrent la période de ce que nous appelons le présent d’une vie, soit environ 90 ans, l’espace de trois générations. Mais les anniversaires sont également le moyen de singulières propulsions par l’intermédiaire de « ces choses du passé que l’avenir nous fait revivre, et qui sont constitutives de notre heureuse condition : les éons, la confiance originelle.[2] » Véritables machines à fantasmes, ils portent en eux le germe de potentiels récits mais également celui de contre-récits critiques, remplissant alors une fonction sociale ou politique. Dans cette perspective, l’historien Jean-Claude Schmitt utilise l’exemple des costumes que se fait confectionner au XVIe siècle Matthäus Schwarz à treize reprises lors de ses anniversaires[3] pour faire apparaître, derrière une histoire individuelle, la manière qu’a le premier capitalisme d’exposer sa réussite et de léguer à la postérité l’inventaire de son « patrimoine matériel et symbolique ».

Pour autant, les anniversaires, en particulier ceux du jour de naissance d’un individu commun, sont une invention récente apparue au XVIIe siècle dans les territoires protestants et au XXe siècle dans les pays catholiques qui, les considérant comme péchés d’orgueil, leur a longtemps préféré la fête du saint patron. Si les anniversaires (au sens de birthday et Geburtstag) représentent aujourd’hui la première forme de civilité des enfants et le sacre de l’individu, ils ont longtemps été éclipsés par d’autres types d’anniversaires (anniversary, Gedenktag) célébrant des personnages et des événements religieux ou publics.

Le rituel d’anniversaire, les vœux, les congratulations permettent d’envisager les anniversaires d’un point de vue linguistique. Qui a déjà adressé un « Joyeux anniversaire ! » à un proche avec quelques jours d’avance ou de retard sait que cet acte performatif est susceptible d’échouer lamentablement si les conditions d’énonciation ne sont pas réunies. Depuis les travaux fondateurs d’Austin[4] et de Searle[5], la théorie des actes de langage a certes rencontré un immense succès et connu de nombreux développements, mais le cas particulier de l’expression du vœu semble ne pas avoir beaucoup retenu l’attention des analystes, alors qu’il est d’un emploi très fréquent et « remplit des fonctions communicatives qui lui sont bien spécifiques et qui méritent d’être étudiées[6] ». Le vœu peut être défini linguistiquement comme « un énoncé exprimant le désir du locuteur qu’un état de choses positif se produise pour l’allocutaire »[7]. La « douceur verbale », l’expression des émotions positives, de la communication non-conflictuelle permettraient une approche originale à l’heure où l’on tend à privilégier l’étude d’interactions verbales hostiles. En mettant davantage l’accent sur la dimension positive de l’expressivité dans le cadre de la réflexion sur les anniversaires, il serait possible de se concentrer sur la description des discours visant à faire plaisir, à préserver la face de l’interlocuteur, à le valoriser, que ce soit à travers l’expression du vœu ou plus largement par le biais de tout discours empreint de politesse et de bienveillance – tout en gardant à l’esprit qu’une louable intention n’est pas toujours couronnée de succès.

Dans l’oscillation, entre l’individu et le collectif, l’intime et l’extime, entre les sphères privées et publiques, la thématique retenue pour le volume 83 des Cahiers d’Études Germaniques permettra des approches très diverses et pluridisciplinaires, relevant entre autres du champ des études linguistiques, littéraires ou culturelles, de l’histoire, de l’anthropologie, la sociologie, la philosophie et les arts. On pourra croiser les enquêtes biographiques et prosopographiques, les plans du micro et du macro. Les contributions s’articuleront aux axes suivants :

Anniversaires et rites, rituels d’anniversaire, mises en scène

Anniversaires, généalogie et chronique ; anniversaires et cycle du souvenir

Anniversaires et autobiographie, mémoire individuelle et collective

Anniversaires et mythe, temps vectoriel et temps cyclique

Anniversaire vs Geburtstag

Paradoxe de l’anniversaire, « syndrome d’anniversaire », faire famille vs secret de famille

Anniversaires et fantômes, anniversaires fantastiques

Birthday BluesBirthday Stress

Anniversaires, décompte et chiffre

Anniversaires et genre

Anniversaires et vie culturelle ou politique

Anniversaires et société de consommation, anniversaires et révolution numérique

Anniversaires et fêtes, cadeaux d’anniversaire, dons et contre-dons

Âges biologiques, agendas socio-professionnels et « calendriers intimes »

Anniversaires de naissance, anniversaires de mort, anniversaires oubliés

Anniversaires, existence individuelle et existence publique

Anniversaires, ego et temps-émotion

Allégresse et jubilation

Différences culturelles dans les célébrations d’anniversaire

Anniversaires et « douceur verbale »

Idylles monstrueuses

Anniversaires, actes performatifs et vœux

Anniversaires et politiquement correct

Anniversaires et actes de langage expressifs

CFP_Anniversaires_ CEG 83_français

*

Aires d’application : pays de langue allemande, domaine franco-allemand

Notre ouvrage souhaite se démarquer de textes traitant uniquement de « commémorations ».

Les Cahiers d’Études Germaniques, ou d’autres revues, pourront faire l’objet de contributions en lien avec des dates anniversaires. On favorisera alors la réflexion sur la place et l’historicité de ces revues dans le champ des Études germaniques et face aux défis de l’avenir.

Les propositions de contributions sont attendues pour le 23 août 2021.

Les textes retenus devront être livrés avant le 21 décembre 2021. Merci de prendre bonne note de ces délais contraints.

Contacts :

Susanne Böhmisch, susanne.bohmisch@univ-amu.fr

Hilda Inderwildi, hilda.inderwildi@univ-tlse2.fr

 

[1] Gary Nickell, Katie Pederson, Cassie Rossow, “The Birthdate effect: An Extension of the Mere Ownership Effect”. Psychological Reports, 92/1, 2003, p. 161-163.

[2] Alexander Kluge Chronique des sentiments, livre II (Inquiétance du temps), Vincent Pauval (dir.), Paris, P.O.L., 2018, p. 17.

[3] Jean-Claude Schmitt, « L’invention de l’anniversaire », in Annales. Histoires, Sciences Sociales, 2007/4, p. 793-835.

[4] John Langshaw Austin, How to do Things with Words, New York, Oxford University Press, 1962.

[5] John R. Searle, Speech Acts: an essay in the philosophy of language, London, Cambridge University Press, 1969.

[6] Stavroula Katsiki, Les actes de langage dans une perspective interculturelle : l’exemple du vœu en français et en grec, thèse sous la direction de Catherine Kerbrat-Orecchioni, Lyon 2, 2001, p. 85.

[7] Ibid., p. 57.

RESPONSABLE :

Hélène Barrière, Susanne Böhmisch, Hilda Inderwildi, Nathalie Schnitzer, Ralf Zschachlitz