Tous les articles par Dominique Dias

Revue Chroniques Allemandes en accès libre sur Persée

La revue Chroniques allemandes est désormais en accès libre sur Persée :

La revue Chroniques allemandes, fondée et dirigée par Lucien Calvié jusqu’en 1999, puis dirigée par François Genton, a publié de 1992 à 2009 des numéros thématiques sur les sujets suivants : littérature de langue allemande (XVIIle-XXe siècles), histoire politique et intellectuelle des pays de langue allemande, transferts politiques et culturels, frontières (médiations et affrontements). Elle s’adressait principalement à un public de spécialistes de l’aire germanophone.

En 2010, elle a été regroupée dans la revue en ligne ILCEA (ILCEA – Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie (openedition.org)).

Annonce de parution – ILCEA n° 51 – Interkulturalität und digitale Medien im Spannungsfeld (dir. D. Dias & N. Rentel)

51 | 2023
Interkulturalität und digitale Medien im Spannungsfeld

Sous la direction de Dominique Dias et Nadine Rentel
Numéro disponible en texte intégral à l’adresse suivante : https://journals.openedition.org/ilcea/17235
Dans le monde globalisé et multiculturel dans lequel nous vivons, les médias numériques jouent un rôle de plus en plus important dans les échanges sociaux privés et publics. Nous considérons ici à la fois les sites web d’institutions ou d’entreprises, les réseaux sociaux numériques, ainsi que toutes sortes de plateformes et réseaux en ligne où ont lieu des interactions entre utilisateurs (sites d’avis et conseils, forum, espace commentaire de médias en ligne ou de sites marchands…).
Cette importance croissante des médias numériques s’observe dans différentes aires culturelles et linguistiques et semble entériner la globalisation communicationnelle dans toutes ses dimensions. Les différentes contributions du présent numéro explorent ainsi la place de l’interculturalité dans les médias numériques pour déterminer en quoi les usages numériques contribuent à façonner les représentations et les interactions, et ainsi à instituer de nouvelles formes de communication spécifiques ou non d’une culture donnée.

AAC – Colloque Les enjeux de l’incompréhension culturelle : Réflexions linguistiques, juridiques et traductologiques – Valenciennes mars 2024 (délai 15 mai 2023)

Appel à communication

Les enjeux de l’incompréhension culturelle : Réflexions linguistiques, juridiques et traductologiques

Colloque international en coopération avec l’Université de Sciences Appliquées de Zwickau (Allemagne) et l’Université Grenoble Alpes

14-16 mars 2024 – Université Polytechnique Hauts-de-France

https://www.uphf.fr/larsh/appel-communication

(Envoi des propositions avant le 15 mai 2023)

Ce colloque a pour but d’approfondir la réflexion autour des enjeux et des conséquences de l’incompréhension culturelle. L’objectif est d’ouvrir de nouvelles pistes et perspectives de recherche. À partir d’une approche interdisciplinaire, la thématique du colloque fera ainsi l’objet d’interrogations sous un angle linguistique, juridique et traductologique. Située au croisement de trois disciplines qui se recoupent, cette manifestation scientifique cherchera à faire le lien entre théorie et pratique. C’est pourquoi nous accueillerons des interventions portant sur différentes théories et approches disciplinaires ainsi que des témoignages de la vie professionnelle des traducteurs, juristes et linguistes. Dans le cadre de cette manifestation, nous définissons les incompréhensions interculturelles à la fois comme incompréhensions entre des cultures de différents pays, mais aussi comme incompréhensions à l’intérieur d’un même pays en raison de différences culturelles, régionales, sociales ou ethniques.

Les conséquences des incompréhensions culturelles dans le domaine de la traduction sont multiples. En matière de communication internationale – entre États, partis politiques, institutions, entreprises ou individus –, le traducteur joue un rôle clé en tant que médiateur entre langues et cultures. Transmettre correctement le message initial de l’énonciateur représente un défi considérable, des traductions erronées pouvant générer des incompréhensions, des différends, voire même des conflits au niveau international. Pour pouvoir effectuer une traduction fidèle à l’original, le traducteur doit être capable de mobiliser des connaissances approfondies de la culture source. Dans le domaine de la traduction littéraire, des incompréhensions culturelles peuvent mener à des distorsions du contenu du texte ou bien véhiculer des images erronées d’une culture ou d’un pays. Cependant, les incompréhensions culturelles peuvent également s’avérer fructueuses et posséder un potentiel créatif. Dans le contexte de telles interrogations, les communications pourront examiner non seulement des œuvres littéraires mais aussi des écrits théoriques, philosophiques ou scientifiques qui, en raison d’erreurs culturelles, ont eu une réception autre en traduction que dans leur langue d’origine. Des incompréhensions culturelles peuvent également être observées dans le domaine de la traduction audiovisuelle et de la traduction d’œuvres musicales.

Dans le domaine de la linguistique, l’incompréhension va souvent de pair avec la notion d’erreur, celle-ci pouvant s’inscrire dans une réflexion autour des termes de « règle » et de « norme ». L’incompréhension peut générer des erreurs (volontaires et involontaires) à différents niveaux du système d’une langue : phonétique et phonologique, morphologique, lexical, textuel-discursif et pragmatique. Ces erreurs sont souvent suscitées par l’influence de la langue maternelle sur une langue étrangère, voire le transfert « négatif » de structures, mais elles peuvent également être le résultat des variétés diatopiques, diastratiques et diaphasiques d’une langue. L’incompréhension linguistique possède aussi une valeur sociétale considérable car les infractions à la norme peuvent engendrer des sanctions. Dans ce contexte, l’usage fautif de concepts culturels liés à des entités linguistiques peut engendrer une perturbation de la communication, voire l’incompréhension, dont les conséquences sont souvent plus graves qu’une erreur grammaticale. Cette problématique touche à un haut degré les textes d’orientation appellative ou persuasive comme c’est le cas pour la communication marketing ; quand l’énonciateur d’un texte ne prend pas en compte le côté fonctionnel-pragmatique du message, l’effet communicatif peut être erroné. Cependant, des problèmes de compréhension peuvent se manifester dans tous les domaines de la communication.

Dans le domaine du droit, la traduction juridique constitue un défi particulier car les références culturelles propres à chaque système juridique ne sont souvent pas équivalentes. En effet, il existe, au sein de chaque État, des particularités structurelles héritées de longues traditions historiques se reflétant en termes de terminologie, de syntaxe, et d’organisation de la pensée. Les textes légaux et leur interprétation par les tribunaux entraînent souvent des effets juridiques qui peuvent être compris différemment d’une culture à une autre. Pour cette raison, le traducteur ne peut pas se contenter de transcoder un texte ou un message juridique. Il doit rechercher le vouloir-dire de la norme, l’interpréter et la reformuler pour qu’elle atteigne, dans la langue cible, les objectifs les plus proches possible de l’esprit recherché par le texte source.
Dès lors, à une époque où toutes les sociétés occidentales sont confrontées à la pluralité socio-culturelle, à l’heure de la mondialisation des affaires et de l’accroissement corrélatif des accords internationaux mais aussi au moment où les systèmes normatifs interagissent de plus en plus, la traduction juridique est devenue un véritable enjeu, tant sur le fond que sur la forme. Tel un funambule, le traducteur doit trouver le fragile équilibre entre le strict respect du sens d’une règle de droit et sa parfaite compréhension par celui à qui elle est destinée. Le pari est audacieux, ce d’autant qu’il n’est pas sans conséquences.

Les pistes de réflexion suivantes sont suggérées mais ne se veulent pas limitatrices :

Dans le domaine de la traduction / traductologie :

  • la traduction littéraire (poésie, prose, théâtre, roman graphique)
  • la traduction d’œuvres musicales
  • la traduction / transposition (films, œuvres théâtrales, séries, etc.)
  • la traduction audio-visuelle
  • la traduction et l’interprétariat dans un contexte migratoire
  • la traduction dans le contexte social
  • la traduction des discours politiques et scientifiques
  • la traduction juridique
  • l’interprétation et la traduction dans un cadre juridique (tribunal, prison, etc.)

Dans le domaine de la linguistique :

  • les particularités phonétiques et phonologiques entre L1 et L2, L1 et L3, etc… ou bien entre la langue standard et une variété diatopique, dialectale ou diastratique
  • les particularités morphologiques et lexicales entre L1 et L2, L1 et L3, etc… ou bien entre la langue standard et une variété diatopique, dialectale ou diastratique
  • la structure de différents types de texte (des sites web, des textes d’administration, des textes juridiques et médicaux, …) dans différentes langues et cultures
  • les différences au niveau du discours (politique, juridique, religieux, médiatique, scientifique, etc…)
  • une analyse détaillée des variétés sélectionnées comme, par exemple, la langue des jeunes, différentes langues de spécialité, les langues créoles, etc…

Dans le domaine du droit :

  • uniformité juridique et multiculturalisme (voire communautarisme)
  • la nécessité pour le traducteur d’avoir une connaissance juridique des deux systèmes
  • linguiste-juriste ou juriste-linguiste ?
  • les sanctions juridiques de l’erreur de traduction (dont article 434-18 du Code pénal)
  • traduction en droit pénal et coopération judiciaire internationale
  • la recherche d’un « accommodement raisonnable » dans la traduction juridique (c’est le terme utilisé par la justice canadienne pour expliquer qu’il faut trouver le sens le plus juste)
  • l’insuffisance et même l’impossibilité de la traduction littérale. Les difficultés de l’interprétation

Nous vous prions de soumettre votre proposition d’environ 200 mots accompagnée d’une courte bibliographie avant le 15 mai 2023 dans un fichier Word qui porte votre nom comme titre. La durée des communications sera de 20 minutes, les langues des résumés et des communications seront l’anglais, le français ou l’allemand.

Contacts

Annonce de parution : Le discours et la langue, n° 13.2 : “Politiquement incorrect” (dir. Emmanuelle Prak-Derrington, Dominique Dias)

Le discours et la langue n° 13.2

Politiquement incorrect

Sous la direction de Emmanuelle Prak-Derrington et Dominique Dias

 

Le politiquement incorrect est dans l’air du temps. Serait-il en passe de devenir le nouveau mainstream discursif, après des décennies d’injonction au politiquement correct ? Que cachent l’exigence de « parler vrai » et l’exercice d’une liberté d’expression débridée ? En analyse de discours, ces questions sont généralement traitées dans l’ombre du politiquement correct. L’objectif du présent numéro est d’aborder le politiquement incorrect ex positivo, en éclairant certaines des pratiques propres à l’incorrection revendiquée.

Sommaire

Introduction

Être ou ne pas être politiquement incorrect ?

Emmanuelle PRAK-DERRINGTON & Dominique DIAS

Essais de définition

Le politiquement incorrect sur Twitter : définitions et positionnements métaénonciatifs

Dominique DIAS

Le politiquement incorrect : l’exemple de Donald Trump dans la campagne présidentielle de 2015-2016

Maria SALTYKOV

Le politiquement incorrect de l’humour noir. Pour une théorie du second degré

Emmanuelle PRAK-DERRINGTON

Fémininement incorrect

Causeur et l’antiféminisme. Rhétorique de l’incorrection politique

François PROVENZANO & Laura ZINZIUS

Burschenschaft Hysteria : conflictualité féminine et politiquement incorrect

Odile SCHNEIDER-MIZONY

Académiquement incorrect

L’insulte : malédiction ou patrimoine ?

Jean-Marie KLINKENBERG

Postmodernes

François VAUCLUSE

Lien vers le site de l’éditeur : https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no=75918

Annonce de parution Dominique Dias & Nadine Rentel (dir.) “Les mutations des discours médiatiques : approche contrastive et interculturelle”

Lien vers le site de l’éditeur : https://www.peterlang.com/document/1297591#

Résumé

Les genres discursifs, pensés comme outil théorique nécessaire pour faciliter la production et la réception des textes, évoluent dans le temps, mais également dans l’espace. Chaque aire linguistique et culturelle possède des spécificités génériques qui se manifestent dans la réalisation des discours médiatiques. En raison de la digitalisation grandissante, les discours médiatiques sont de plus en plus diffusés et consommés sous leur forme numérique, ce qui implique une reconfiguration des pratiques de production et de réception. Le présent ouvrage se propose d’examiner les enjeux interculturels de ces discours médiatiques. Les textes réunis dans cet ouvrage font ressortir les contrastes entre le français et l’allemand, mais également entre le français et d’autres langues.

Table des matières

  • Introduction
  • Constitution et définition des discours médiatiques
    • Les premiers journaux périodiques. Constructions de discours de presse (Michel Lefèvre)
    • Relations intersubjectives dans le discours journalistique : une étude contrastive français/anglais (Emmanuel Baumer et Laure Lansari)
    • Essai de définition du genre Bericht : approche contrastive français/allemand (Catherine de Corbie)
  • Transmédialité et nouveaux médias
    • Stratégies linguistiques d’authenticité dans les recensions en ligne allemandes sur Youtube (Nadine Rentel)
    • Bookstagram : un cas de transmédialité générique ? Étude contrastive français-allemand (Dominique Dias)
  • Approches multimodales
    • Obésité et surpoids dans les discours de presse féminine et générale, française et allemande (Sylvain Farge)
    • Le véhicule électrique dans la presse allemande et française : analyse multimodale contrastive d’un objet discursif controversé (Jérémy Machy et Elodie Vargas)
    • « AIRATP » et « Alles Absicht » : la construction multimodale du comique (Liubov Patrukhina)
  • Médias et société
    • Conceptualisation de la crise sanitaire dans le discours médiatique : Étude contrastive des métaphores de Covid-19 en français et en chinois (Wenjie Hong)
    • Covering COVID-19 in the French and US press: Quotes, sources and journalistic ethos (Caroline Peynaud)
    • Media discourse and the Greek #MeToo movement: A pilot study contrasting French and Greek newspapers’ stance (Fabienne Baider and Anastasia Dimou)

La Coordination nationale CLES renouvelle son comité de direction : appel à candidatures

La Coordination nationale CLES renouvelle son comité de direction : appel à candidatures

Si vous êtes enseignant ou enseignant-chercheur intéressé par la didactique des langues et vous souhaitez vous engager en tant que directeur adjoint de la certification CLES, la lettre de motivation accompagnée d’un CV est à envoyer avant le 29 mai 2022.

Suivant la convention tripartite signée en 2021, le pilotage de la Coordination nationale CLES est porté par l’Université Grenoble Alpes et il est assuré par un directeur, assisté de quatre adjoints : deux sont chargés du volet « Sujets CLES », un autre du volet « Formation et accompagnement des acteurs du CLES » et le quatrième des « Affaires générales ». Ce comité de direction est sur le point d’être renouvelé et l’appel à candidatures est officiellement ouvert.

Les dossiers de candidature doivent impérativement parvenir à la Coordination nationale de la certification CLES (coordination-nationale@certification-cles.fr) avant le 29/05/2022.

Les quatre adjoints sont nommés à partir du 1e septembre 2022 pour un mandat de 3 ans renouvelable une fois. Ils resteront en poste dans leur établissement et ils seront amenés à travailler à distance en lien avec les 11 coordonnateurs de pôle CLES et en étroite collaboration avec le directeur et l’équipe administrative, située à Grenoble.

Plus d’informations en cliquant ici

AAC – REVUE ILCEA 49 – Horizons et perspectives en littérature de jeunesse – délai des propositions 15 septembre 2021

REVUE ILCEA n° 49                         Appel à contributions

Jusqu’où le regard me porte : horizons et perspectives en littérature de jeunesse

https://journals.openedition.org/ilcea/

Cfp ILCEA 49 – FR et EN

Très présent en tant que thématique et motif dans la littérature de jeunesse, qui est, à de nombreux égards, une littérature d’exploration et de voyages réels ou imaginaires, souvent entendu comme ce lieu indéfini où se rejoignent ciel et terre, l’horizon contribue aussi à construire et à dessiner l’espace urbain. Il peut être ainsi considéré comme une limite apportée au regard, au champ visuel, déterminant une certaine perception du paysage, donnant à voir certains éléments, en suggérant les pièces, morceaux, composantes cachées et stimulant ainsi l’imagination. La ligne et la création visuelle de l’horizon variant selon le point de vue de l’observateur, ligne imaginaire qui crée la perspective, ouverture vers l’inconnu, la « hauteur d’enfant » souvent adoptée par le texte littéraire ne peut qu’apporter des observations intéressantes. Démarcation, frontière, l’horizon fait aussi figure « d’une limite ouvrante et mouvante, non d’une clôture fixe » (Collot, 2018). Il permet de changer progressivement et parfois imperceptiblement les repères en reposant la question de la position, spatiale mais aussi culturelle, de celui qui regarde. La perception de ce marqueur varie en fonction du temps, qu’il s’agisse d’heures ou de saisons, ces rêveries ouvrant souvent la voie aux escapades dans des mondes imaginaires (Bachelard, Poétique de l’espace, 1957 ; Poétique de la rêverie, 1960).

La notion d’horizon pourra ainsi être traitée d’un point de vue thématique (géographie, horizon maritime, représentations du paysage, littérature de voyages, robinsonnades, migrations…) ou théorique, en interrogeant par exemple celle d’horizon d’attente (Ecole de Constance, Jauss 1970). Dans ce cadre, l’exploration de l’intentionnalité de l’auteur et de l’horizon d’attente des lecteurs – à travers les éléments paratextuels, la notion de série, de collection, de genre – pourra notamment amener à aborder la question du double lectorat,  non plus entendu simplement dans l’existence déjà largement explorée de la relation jeune lecteur/adulte lecteur ou prescripteur, mais dans le glissement volontaire d’un lectorat adulte vers des romans pour la jeunesse. Les modifications historiques et sociales de cet horizon d’attente sont à l’origine d’un processus dynamique de lecture et d’évaluation des qualités d’une œuvre. La réflexion pourra ainsi se nourrir, entre autres, des travaux d’Umberto Eco (Lector in fabula 1979, Opera aperta 1962, trad. française 1965) pour s’intéresser notamment au positionnement du lecteur. Cette même notion pourra aussi être évoquée par le biais des questions touchant à la traduction, en s’intéressant aux œuvres traduites et/ou aux stratégies de traduction choisies.

Vers quels horizons se projette-t-on dans la littérature de jeunesse à différentes époques, selon le contexte politique, social et historique ? Quels sont les horizons recommandés, encouragés voire prescrits, et quels sont, a contrario, ceux que se choisissent les personnages ou les lecteurs (par exemple dans le cas d’œuvres « clandestines » ou marginales) ? Ces pistes de recherche permettront d’interroger les questions relatives à la réception, et d’aborder des aspects liés à la pédagogie (programmes et manuels scolaires, lectures imposées ou conseillées en classe …), à la construction des identités nationales, ou encore à la propagande.

Dans cette optique, on pourra en particulier s’intéresser à la manière dont les traductions et les traducteurs ont contribué à élargir les perspectives culturelles et interculturelles des jeunes lecteurs à différentes époques, selon qu’ils ont favorisé leur rencontre avec l’autre et l’ailleurs ou, au contraire, cherché à les « importuner » le moins possible, à les « laisser tranquilles », comme l’écrivait Schleiermacher en 1813 (voir : HTLF. XIXe siècle, p. 1262-63 ; Schleiermacher, 1999, p. 49-50).

On ne s’interdira pas non plus une démarche à la croisée des disciplines, en particulier celle articulant l’analyse littéraire et une approche issue des études géographiques. La littérature de jeunesse abordée par le prisme de la géographie et/ou de la représentation de l’espace est aujourd’hui un champ de recherche en pleine expansion. En témoignent les travaux parus ces vingt dernières années, qui font volontiers appel à la géographie culturelle ou à une géographie de l’imaginaire (voir par exemple : https://blogs.univ-tlse2.fr/apprendre-la-geographie/litterature-de-jeunesse-et-geographie/).

Le numéro se concentrera sur les XIXe-XXe-XXIe siècles, sans exclure toutefois des propositions sur des œuvres antérieures. Toutes les aires géographiques et linguistiques représentées au sein de l’ILCEA4 (Institut des Langues et Cultures d’Europe, Amérique,  Afrique, Asie et Australie) pourront faire l’objet d’explorations. Les perspectives contrastives, ainsi que l’étude de la réception d’œuvres traduites à partir du/vers le français, seront aussi des pistes envisageables.

Bibliographie indicative

-APPLETON, Jay, The Experience of Landscape, London, Wiley, 1975.

-BACHELARD, Gaston, Poétique de l’espace, Paris, PUF, 1957.

-BACHELARD, Gaston, Poétique de la rêverie, Paris, PUF, 1960.

-BERMAN, Antoine, L’épreuve de l’étranger, Paris, Gallimard, coll. TEL, 1984.

-CARROLL, Jane, Landscape in Children’s Literature, London, Routledge, 2012.

-CAVAILLE, Fabienne, « Que peut la fiction pour la géographie ? Les apports de la littérature de jeunesse dans les apprentissages », Annales de géographie, vol.  709-710, no. 3-4, 2016, p. 246-271.

-COLLOT, Michel, L’Horizon fabuleux, t. I : XIXe siècle, t. II : XXe siècle, Paris, Corti, 1988 (rééd. 2019).

-COLLOT, Michel, « À la lumière de l’horizon », Géographie et cultures, n°14, été 1995, p. 103-114.

-COLLOT, Michel, « H comme Horizon », dans : Philippe Bonnin et Alessia de Biase (dir.), « Abécédaire anthropologique de l’architecture et de la ville », Cahiers de la Recherche Architecturale et Urbaine, n° 20-21, 2007, p. 89-92.

-COLLOT, Michel, « L’horizon comme structure anthropologique de la perception humaine », article en ligne: https://www.fabula.org/atelier.php?Horizon_structure

-COLLOT, Michel, « Entre ciel et terre : l’horizon », Symbole & philosophie, n° 1, oct.-déc. 2018, p. 37-43.

-DOUGHTY, Terri et Dawn THOMPSON, Knowing Their Place? Identity and Space in Children’s Literature, Newcastle, Cambridge Scholars, 2011.

-ECO, Umberto, Lector in fabula, Paris, Grasset, 1985; trad. de Lector in fabula, Milano, Bompiani, 1979.

-ECO, Umberto, Œuvre ouverte, Paris, Seuil, 1965 ; trad. de Opera aperta, Milano, Bompiani, 1962.

-GOGA, Nina et Bettina KÜMMERLING-MEIBAUER (dir.), Maps and Mapping in Children’s Literature. Landscapes, seascapes and cityscapes, Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins Publishing Company, 2017.

-HUDSON, Aïda (dir.), Children’s Literature and imaginative geography, Waterloo, Ontario, Canada, Wilfrid Laurier University Press, 2018.

-HUNT, Peter, ‘Landscapes and Journeys, Metaphors and Maps: The Distinctive Features of English Fantasy’, dans Children’s Literature Association Quarterly 12/1 (1987), 11-14.

-HTLF: CHEVREL, Yves, D’HULST, Lieven et LOMBEZ, Christine (dir.), Histoire des traductions en langue française. XIXe siècle. 1815-1914, Lagrasse, Verdier, 2012.

-JOURDE, Pierre, Géographies imaginaires de quelques inventeurs de mondes au 20e siècle : Gracq, Borgès, Michaux, Tolkien, Paris, José Corti, 1991.

-LEFEBVRE, Henri, La Production de l’espace, Paris, Anthropos, 2000 (4e éd, 1e éd. 1974).

-MEUNIER, Christophe (Le Carnet de recherche de), Les territoires de l’album. Espaces et spatialités dans les albums pour enfants : http://lta.hypotheses.org/

-PEDERZOLI, Roberta, La traduction de la littérature d’enfance et de jeunesse et le dilemme du destinataire, P.I.E. Peter Lang, Bruxelles, 2012.

-SCHLEIERMACHER, Friedrich Daniel Ernst, Des Différentes méthodes du traduire, trad. Antoine Berman, présentation C. Berner, Paris, Seuil, 1999.

Les propositions de contribution (400 mots environ), accompagnées d’une bio-bibliographie succincte en français ou en anglais, sont à envoyer pour le 15 septembre 2021 à :

Sylvie.Martin-Mercier[at]univ-grenoble-alpes.fr

Natacha.Rimasson-Fertin[at]univ-grenoble-alpes.fr

Les articles devront respecter les normes suivantes :

– Ils devront inclure un résumé et cinq mots-clés en français, anglais et dans la langue du chercheur. Le titre devra apparaître également en français et en anglais.

– Chaque article devra comporter un maximum de 50 000 signes, espaces compris (en incluant les notes de bas de page, la bibliographie et les résumés).

– Les articles pourront être rédigés en français ou en anglais.

– Les articles devront respecter les normes éditoriales de la revue ILCEA, qui seront envoyées aux auteurs une fois les propositions acceptées.

Tous les articles seront soumis à une double lecture en aveugle.

– Réponse des coordinatrices : le 15 octobre 2021.

– Date de remise des articles : au plus tard le 15 janvier 2022, délai de rigueur.