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cfp Colloque international « Crises, défis, innovations » U. Nantes, 22-24 juin 2022

La planète et les humains traversent actuellement une double crise de grande gravité : climatique et sanitaire. Ces crises impactent l’activité humaine dans toute sa diversité : culturelle, sociétale, politique, juridique, commerciale, économique, pédagogique. À ces événements mondiaux s’ajoutent des crises nationales, sociales (« Black Lives Matter » aux États-Unis, crise afghane…) et politiques (Brexit au Royaume Uni, insurrection américaine au Capitole en janvier 2021…). Cette période évoque des représentations de crises historiques réelles et fictives. Le spectre du désastre naturel – pandémie, inondation, feu, ouragan – et les effets sur les populations semblent prendre vie dans les médias et dans l’imaginaire collectif contemporain.

Ce colloque international propose de réunir des chercheur.e.s et des professionnel.le.s de divers champs pour examiner différents aspects lors de la période en cours mais aussi d’autres périodes de crise. Nous étudierons également les défis qui se sont présentés pendant ces épisodes critiques et ceux auxquels nous faisons toujours face aujourd’hui. Enfin, les innovations économiques, commerciales, culturelles et juridiques proposées pendant les crises antérieures et la crise actuelle feront objet d’étude. Dans l’esprit des Langues Étrangères Appliquées (LEA), filière de formation fortement investie dans la recherche en sciences humaines et sociales à l’Université de Nantes, et du Centre de Recherche sur les Identités, les Nations et l’Interculturalité (CRINI), ce colloque a vocation à être résolument interdisciplinaire et international. Les notions de crise, de défi et d’innovation seront interrogées dans trois ateliers correspondant aux objets de recherche du Thème 2 du CRINI : 1) « Langues de spécialité et traductions spécialisées – Didactique » ; 2) « Identités et processus de patrimonialisation », 3) «Les nouveaux défis des échanges internationaux : commerce & Supply chain ».
L’envergure des crises et la multiplicité de leurs conséquences sur l’activité humaine nécessitent une approche interdisciplinaire pour analyser et pour comprendre cette expérience complexe.
L’appel complet peut être télécharger ici. Les appels détaillés des différents ateliers peuvent être téléchargés sous le même lien.
Deadline pour la soumission de propositions : 15 janvier 2022

Master traduction technique français-anglais-allemand à l’Université d’Aix-Marseille_Délai 27 mai 2020

Affilié au master Traduction et interprétation, le parcours-type Traduction technique propose une formation professionnelle en traduction spécialisée dans les domaines « Industries et techniques ».

En raison de la crise sanitaire, la date de dépôt des candidatures est prolongée jusqu’au 27 mai 2020 ! Pour plus d’information, n’hésitez pas à visiter notre site. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur LinkedIn ou prendre contact par mail avec les responsables du diplôme :

Aurélie Ceccaldi aurelie.ceccaldi[at]univ-amu.fr

Annie Bunzl annie.bunzl[at]univ-amu.fr

AAP Les corpus écrits et oraux pour approcher les domaines spécialisés (droit, santé, etc.) : vers une linguistique d’intervention ?_Clermont-Ferrand_Délai 27 mai 2019

Les corpus écrits et oraux pour approcher les domaines spécialisés (droit, santé, etc.) : vers une linguistique d’intervention ?

 

24 et 25 octobre 2019 MSH de Clermont-Ferrand, 4 rue Ledru

(Université Clermont Auvergne)

 

Le Laboratoire de Recherche sur le Langage (LRL – EA 999) de l’Université Clermont Auvergne, le Centre d’Études Linguistiques (CEL – EA 1663) de l’Université de Lyon (UJML3) et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’Université de Bourgogne organisent conjointement deux journées d’étude « Corpus sur objectifs spécifiques ».

 

Les deuxièmes journées d’étude du réseau « Corpus sur objectifs spécifiques » seront consacrées à la forme, au rôle et à la portée des corpus – oraux et écrits – pour décrire et caractériser la langue des domaines spécialisés (santé, droit, etc.).

 

L’objectif est de mettre en relation les travaux conduits sur la langue dans toutes ses variétés (Biber et al.1998) et les modalités de mise en discours dans le cadre professionnel (Lerat 1997, Cabré 1998, Gunnarsson 2009). Depuis plusieurs années, la communauté linguistique reconnaît la nécessité de nouveaux corpus de langue pour identifier des genres de discours et caractériser certaines situations de paroles spécialisées (Biber 1998, Bilger 2000, Cori & David 2008, Bilger & Cappeau 2010, Longhi éd. 2017). Dans ces usages spécifiques, professionnels, les formes linguistiques utilisées répondraient à des besoins sociaux d’ordre communicationnel (Lauffler-Laurian 1983, Kocourek 1991).

Cette journée vise à poursuivre la réflexion sur la spécificité des corpus portant sur les langues spécialisées. Cette spécificité peut concerner des aspects tout à fait divers comme les questions épistémologiques – représentativité, définitions de périmètres (Cappeau & Gadet 2017) -, méthodologiques – étiquetage, paramétrage, etc. (Valli & Véronis 1999) ou encore des questions didactiques – corpus d’apprenants, conceptualisation en vue de développer des formations en LSP (Maniez 2011, Boulton 2016). Les finalités seront autant d’identifier une variété spécialisée, un genre de discours, une communauté discursive professionnelle que de faire émerger des problématiques pour répondre à des besoins pratiques de formation.

 

Les questions abordées pourront concerner (sans se limiter forcément à cette liste qui demeure non exhaustive) :

1)       En quoi les corpus de langue spécialisée diffèrent-ils de leurs homologues à visée plus générale ?
2)      Quelles articulations entre métadonnées et description du matériau linguistique ?
3)      Selon quels items caractériser une langue de spécialité ?
4)      Quels outils pour l’exploration de corpus spécialisés ?
5)      Quels objectifs linguistiques assigner aux corpus de spécialité ?
6)      Quels objectifs professionnels assigner aux corpus de spécialité ?
7)      Quelle place donner à la saisie « ethnographique » des communautés professionnelles étudiées ?

 

Dans la lignée des premières journées d’étude (Lyon3 15-16/11/2018), cette rencontre propose des présentations scientifiques qui permettraient à partir de résultats concrets de confronter les outils et les expériences dans des cadres méthodologiques clairement identifiés.

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Biber, D., Conrad, S. & Reppen, R. (1998). Corpus Linguistics- Investigating Language Structure and Use, Cambridge: Cambridge University Press.
Biber, D. (1988). Variations across Speech and Writing. Cambridge: Cambridge University Press.
Bilger, M. (éd.) (2000). « Corpus. Méthodologie et applications linguistiques ». Paris, Champion.
Boulton, A. & Landure, C. (2016).« Using Corpora in Language Teaching, Learning and Use », Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité [En ligne], Vol. 35 N° 2 | 2016, mis en ligne le 30 juin 2016, consulté le 01 avril 2019. URL : http://journals.openedition.org/apliut/5433 ; DOI : 10.4000/apliut.5433
Cabré, M.T. (1998). «VariacIó pel tema. El discurs especialitzat o la variació funcional determinada per la temática: noves perspectives». En : Caplletra, Revista Internacional de Filología, Tardor, 1998, pp. 137-194.
Cappeau, P. & Gadet, F. (2007). “L’exploitation sociolinguistique des grands corpus”. Revue française de linguistique appliquée, 12 (1), 99–110.
Cori, M. & David, S. (2008). « Construction des faits en linguistique : la place des corpus, ».  Langages 3 (n° 171).
Fries, Ch. Carpenter. (1940). American English Grammar: The Grammatical Structure of Present-Day American English with Especial Reference to Social Differences or Class Dialects. Londres et New York: D. Appleton-Century Company Incorporated.
Gunnarsson, B.-L. (2009). Professional Discourse.(Continuum Discourse Series). London and New York: Continuum.
Kocourek, R. (1991). La langue française de la technique et de la science. Vers une linguistique de la langue savante. Wiesbaden, Oscar Branstetter.
Kübler, N. (2011). Corpora, Language, Teaching, and Resources: From Theory to Practice. Berne : Peter Lang.
Lerat, P. (1997). « Approches linguistiques des langues spécialisées », ASP, 15-18 | 1997, 1-10.
L’Homme, M.C. (1993). Contribution à l’analyse grammaticale de la langue de spécialité : le mode, le temps et la personne du verbe dans quelques textes, scientifiques écrits à vocation pédagogique. Québec, Université Laval.
Lauffler-Laurian, A.M. (1983). « Typologie des discours scientifiques : deux approches »,Études de Linguistique Appliquée, 51.
Longhi, J. (2017). « Linguistique de corpus appliquée : innovations méthodologiques, théoriques et pratiques ». Ela. Études de linguistique appliquée, 188(4), 397-401. https://www.cairn.info/revue-ela-2017-4-page-397.htm.
Maniez,F. (2011). « L’apport des corpus spécialisés en terminographie multilingue : le cas des syntagmes adjectivaux dans la langue médicale ». Les corpus et la recherche en terminologie et en traductologie, Meta, 56(2), 391-406. En ligne http://www.erudit.org/revue/meta/2011/v56/n2/1006183ar.html
O’Keeffe, A. & Mc Carthy, M. (2010). “What are corpora and how have they evolved?” in The Routledge Handbook of Corpus Linguistics. Londres et New York : Routledge.
Valli, A. & Véronis, J. (1999). « Étiquetage grammatical des corpus de parole : problèmes et perspectives ». Revue française de linguistique appliquée, Vol. 4, No. 2. : 113-133

FORMAT DES PROPOSITIONS:

– Auteur et affiliation
– Adresse électronique de contact
– Titre de la proposition
– 5 Mots clés
– Résumé de la proposition en 600 mots (bibliographie comprise)

Date limite pour soumettre les propositions : lundi 27 mai 2019

Envoyez vos propositions à:


– Mylene.Blasco-Dulbecco@uca.fr

– cel@univ-lyon3.fr
– laurent.gautier@univ-bourgogne.fr

Une publication sous forme d’ouvrage collectif avec chapitres chez un éditeur international sera proposée aux intervenants selon les conditions usuelles (expertise en double-aveugle).

COMITÉ D’ORGANISATION

 

– Lucie Bernard (Université de Bourgogne – TIL)

Mylène Blasco (Université Clermont Auvergne – LRL)

Christine Blanchard (Université Clermont Auvergne – LRL)

Marion Del Bove (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)

Didier Carnet (Université de Bourgogne – TIL)
– Laurent Gautier (Université de Bourgogne– TIL)
– Denis Jamet (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Philippe Millot (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)

 

COMITÉ SCIENTIFIQUE

 

– Mylène Blasco(Université Clermont Auvergne – LRL)

– Marion Bendinelli (Université Bourgogne Franche-Comté – ELLIADD)

Christine Blanchard(Université Clermont Auvergne – LRL)

Mireille Bilger(Université de Perpignan – Via Diomici – CRESEM)
– Alex Boulton (Université de Lorraine – ATILF UMR 7118)

Paul Cappeau(Université de Poitiers)
– Marion Del Bove (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Pascaline Faure (Université Pierre et Marie Curie – CeLiSo)

– Laurent Gautier (Université Bourgogne Franche-Comté – TIL)
– Thierry Grass (Université de Strasbourg – LiLPa)
– Denis Jamet (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Nathalie Kübler (Université Paris-Diderot – CLILAC-ARP)
– François Maniez (Université Lumière Lyon 2 – CRTT)
– Philippe Millot (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Thierry Nalet (Université Grenoble-Alpes – ILCEA)
– Stéphane Patin (Université Paris-Diderot – CLILAC-ARP)
– Aurélie Picton (Université de Genève)

– Catherine Resche (Université Sorbonne Paris 2)
– Günter Schmale (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)

CfP – Les discours de conjoncture économique en Europe, 4/5 juin 2018

Les discours de conjoncture économique en Europe
Journées d’études, 4 et 5 juin 2018, MSH Dijon

En écho à la journée de février 2010 consacrée aux Discours de la bourse et de la finance , le Laboratoire d’Economie de Dijon (EA 6467) et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) organisent une nouvelle journée d’étude interdisciplinaire sur une thématique plus resserrée, celle des discours de conjoncture économique.
Depuis 10 ans et l’éclatement de la crise dite des « subprimes », les indices de reprise durable sont guettés par l’ensemble des acteurs économiques. Emis par plusieurs acteurs (banquiers centraux, mais aussi instituts de conjoncture, institutions internationales ou think tanks), ces discours a priori spécialisés et professionnels ont une dimension, éminemment performative en ce qu’ils influencent les décisions d’innombrables décideurs, de l’échelle micro au niveau macro-économique. On sait par exemple que la communication des banquiers centraux est devenue un outil de politique monétaire à part entière où chaque inflexion du discours (mais comment les définir et les repérer ?) est censée influencer les anticipations des agents, mais il en est de même pour les instituts de conjoncture, nationaux ou internationaux. Par ailleurs, les notes, rapports et autre policy briefs publiés par les think tank ont un fonctionnement en bien des points comparables. Il est donc logique que ces discours soient particulièrement attendus, analysés et pris en compte par les médias, les investisseurs, les entrepreneurs, les ménages ou les chercheurs et ce d’autant plus que les média sociaux renforcent aujourd’hui considérablement leurs zones de diffusion.
La journée d’études « Discours de conjoncture économique en Europe » vise à réunir des chercheurs de plusieurs disciplines (économie, sciences du langage, sociologie, communication, informatique…) pour étudier ces corpus spécialisés (à l’exclusion donc des discours médiatiques auxquels ils donnent lieu qui ne sont pas des discours spécialisés au sens strict). Des communications sur les conditions d’émission de ces discours, sur leur structuration, sur leur impact sont attendues. On s’intéressera également aux éventuelles modifications dans le statut et les politiques de communication des institutions. Les études s’inscriront dans un/ des paradigme(s) méthodologiques clairement explicité(s) et reposeront sur des données précisément caractérisées. Ces deux journées sont destinées à encourager les échanges entre disciplines et favoriser le dialogue entre les approches.

Le lieu : MSH Dijon
Les dates : 4 et 5 juin 2018
Langues de communication : français / anglais
Une publication collective sous forme d’ouvrage avec chapitres est envisagée à la suite de ces journées. Il ne sera pas édité d’actes proprement dits.

Propositions (titre + résumé de 500 mots maximum + 5 références bibliographiques) à envoyer avant le 15 mars 2018 à :
“Laurent Gautier” ; “Ludovic Desmedt” ; “Matthieu Llorca ”

CfP Discours de conjoncture éco

cfp – séminaire tournant de jurilinguistique – séance 2

« Le droit à l’heure de sa « simplification » : enjeux jurilinguistiques et discursifs »

Séminaire tournant de jurilinguistique interlangue, « Les normes et leurs formules »
2ème séance, 30 mars 2018

Auditorium de la Maison internationale de la recherche (MIR), Université de Cergy-Pontoise (site de Neuville)

Organisateurs :

CRTT – Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA656) de l’Université Lumière Lyon 2
Centre Interlangues TIL de l’Université Bourgogne – Franche-Comté (EA4182)
AGORA – (EA 7392) de l’Université de Cergy-Pontoise

Argument
Le séminaire tournant de jurilinguistique interlangue, initié par le Centre Interlangues TIL de l’Université Bourgogne – Franche-Comté, le Centre de recherche en Terminologie et Traduction de l’Université Lumière Lyon 2 et l’équipe AGORA de l’Université de Cergy-Pontoise, a pour objectif de constituer un réseau de recherche pérenne, regroupant juristes, terminologues, analystes des discours juridiques et traducteurs autour de « la mise en formule du droit ».
Le thème retenu de la seconde journée : « Le droit à l’heure de sa simplification : enjeux jurilinguistiques et discursifs », fait suite à la discussion menée lors de la première journée d’étude, tenue à la Maison internationale des langues et des cultures (Lyon) le 29 septembre 2017.
Les communicants de la première journée se sont en effet penchés sur les implications terminologiques et discursives d’un phénomène observé par les juristes, celui de la généralisation du « flou du droit » (Delmas-Marty, 1986), c’est-à-dire du recours croissant, dans la rédaction de la norme, à des vocables ambigus, dépourvus de définition, dont la pertinence juridique interroge et dont l’emploi pose problème au législateur, au juge et au justiciable. Ils ont notamment interrogé le caractère « flou, abstrait, naturalisant » du « renouvellement lexical » (Cussó et Gobin 2008 : 7) du droit communautaire et de sa transposition.
1. Un constat renouvelé
A contrario, depuis le début des années 1990, à l’échelon national comme européen, le droit est marqué par un processus de « simplification » visant à répondre aux constats alarmants de dégradation de la « qualité de la loi », se manifestant par la « prolifération » ou l’« inflation » (Savatier, 1977 : 43) normative, ainsi que par celle d’une « opacité », d’une « obscurité » et d’une « d’ambigüité » croissantes de la lettre législative. Pourtant, comme l’indiquait en 2007 Flückiger : « La critique ne se laisse pas facilement synthétiser, car elle porte sur des points de nature aussi différente que la prolifération ou l’inflation législatives, la concurrence des actes non obligatoires, la prise de conscience d’une normativité graduelle, l’ineffectivité ou l’inefficacité de l’action législative ou encore l’inintelligibilité et l’obscurité des normes, pour n’en citer que les plus marquants. »
Dans une note de synthèse du Service des études juridiques du Sénat de 2007 portant sur « La qualité de la loi », les rédacteurs pointaient en introduction « Le contexte, […] marqué à la fois par la prolifération de normes juridiques de plus en plus complexes et par la dégradation de la qualité de ces normes, comportant le risque d’une insécurité juridique ».
Cette note rappelait le constat qui avait poussé le Conseil d’Etat à publier, dès 1991, un rapport public consacré à la sécurité juridique. Il y dénonçait alors « la loi bavarde » ainsi qu’ « un droit mou, un droit flou, un droit à l’état gazeux ». Quinze ans plus tard (2006), le Conseil d’Etat renouvelait son interrogation dans un nouveau rapport consacré à la « Sécurité juridique et la complexité du droit ». Il portait plus loin encore sa critique, dénonçant une menace contre « l’Etat de droit » aux effets néfastes tant pour un législateur « submergé » et « contourné », que pour un usager « égaré », et des juges « perplexes » face à l’application de ce droit.
Dans un entretien accordé en 2006 à la Semaine juridique, la conseillère d’Etat en charge du rapport , pointait comme principales causes de ces phénomènes : « la multiplication des sources du droit à un niveau supranational », ainsi que la « multiplication des auteurs de normes, via la décentralisation ». Or, les institutions européennes avaient déjà adopté, en 2003, un Accord interinstitutionnel intitulé « Mieux légiférer », se fixant de vastes objectifs : « Codification, refonte, autorégulation, corégulation, analyses d’impact, consultations etc., les institutions européennes disposent d’une multitude d’outils pour améliorer et simplifier la législation européenne. Par le présent accord interinstitutionnel, elles s’engagent à travailler ensemble afin de mieux légiférer. »
En réalité, dès 2006, le processus de « simplification juridique », de la législation européenne et interne était lancé. Pourtant, en 2016, le Conseil d’Etat publiait son troisième rapport. En introduction, les rédacteurs indiquaient : « Vingt-cinq ans après De la sécurité juridique, dix ans après Sécurité juridique et complexité du droit, le Conseil d’État, tout en saluant les avancées acquises, dresse un bilan décevant de nos outils et de leur application au service de la simplification et de la qualité du droit. »
Depuis une trentaine d’années donc, au niveau national et européen, les initiatives et outils de toute nature se sont multipliés pour répondre à ce constat général. Comment comprendre les échecs observés par le Conseil d’Etat ?
2. Les outils
Les premiers outils élaborés sont des règles générales dégagées par la jurisprudence constitutionnelle et communautaire. L’impulsion initiale a été donnée par la cour de Justice de l’UE, qui, dans un arrêt de 1981, dégageait le principe de « sécurité juridique », le liant à la notion de « clarté normative » : « §17 Le principe de sécurité juridique exige qu’une réglementation imposant des charges au contribuable soit claire et précise, afin qu’il puisse connaître sans ambiguïté ses droits et obligations et prendre ses dispositions en conséquence » .
Ce n’est qu’en 1998 cependant que le Conseil Constitutionnel lui emboitait le pas en dégageant le principe constitutionnel de « clarté de la loi » sur le fondement de l’article 34 de la constitution. Or, ce principe a aujourd’hui été abandonné en raison de son « ambiguïté », la doctrine dénonçant que « le principe de clarté n’est lui-même pas si clair ! » (Flückiger, 2007). S’interrogeant sur un sens « linguistique » du principe de clarté de la loi, synonyme de « concision ou de brièveté », et de sa compatibilité avec l’acception « juridique » de « concrétisabilité » , une partie de la doctrine concluait que « Trop simple, trop concise, une loi ne permet en effet plus à son lecteur de prévoir son application à un cas concret ». Le Conseil Constitutionnel semble donc avoir écarté cette règle depuis 2006 pour ne retenir que les « objectifs d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi » , dégagés dans une décision de 1999 et fondé sur les articles 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration de 1789. Au demeurant, il semble que le juge n’ait pas suffisamment défini ce qu’il entendait par « clarté » ni distingué suffisamment ce principe de l’objectif « d’intelligibilité » de la loi.
L’abandon du principe de clarté semble lié en fait à la critique du mythe de la rédaction d’un droit en « plain language ».
Toutefois, la rédaction d’un second outil, le Guide pour l’élaboration des textes législatifs et réglementaires (dit aussi « guide de légistique ») rédigé conjointement par le Conseil d’Etat et le secrétariat général du gouvernement, semble maintenir le principe de clarté dans son acception « linguistique ».
Ce guide, dont la première édition date de 2005 , accorde une large place aux préconisations rédactionnelles : une rédaction « claire, sobre et grammaticalement correcte », « concise » et « simple », « dénué d’archaïsmes ou de formules trop spécialisées ». La fiche 3.3 (version 2012), consacrée à la « langue du texte » préconise toutefois, et contradictoirement : « d’éviter d’utiliser un terme pour l’autre » puisque « Le corps des règles de droit applicable est fait d’un ensemble de termes qui ont souvent une origine lointaine et ont acquis au fil du temps une acception très précise, qu’il convient de respecter », ainsi que « Le recours à des termes passe-partout, comme les verbes concerner, effectuer, décliner », et aux adverbes inutiles… La version de 2007 proscrivait, dans un chapitre consacré aux « temps et mode », l’emploi du futur de l’indicatif (chapitre abandonné dans la version 2015).
3. La voie législative
Il faut toutefois souligner que la « simplification » ne se cantonne pas à énumérer des consignes rédactionnelles. Le guide accorde une place conséquente à l’allégement des procédures (suppressions de démarches administratives). Ces préconisations ont été reprises, dès 2007 dans les quatre propositions de loi de simplification et d’amélioration de la qualité du droit déposées par le député Warsmann et adoptées par le Parlement entre 2007 et 2012.
Les deux premières propositions de loi – qui sont respectivement devenues la loi (n°2007-1787) du 20 décembre 2007 relative à la simplification du droit et la loi (n°2009-526) du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures ont eu de lourdes conséquences sur l’économie des textes législatifs et réglementaires. La troisième loi (n°2011-525) du 17 mai 2011 contient quant à elle plusieurs mesures issues du rapport sur la qualité et la simplification du droit ou proposées par les ministères. Les autres sont issues d’un travail réalisé au sein de la commission des Lois avec le concours d’une équipe de juristes et de scientifiques tendant à identifier les normes désuètes, inappliquées ou contraires à des normes supérieures en matière pénale. Certaines mesures proviennent également et directement de sollicitations citoyennes, notamment par l’intermédiaire du site Internet “Simplifions la loi”. Enfin, la loi (n°2012-387) du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives, tend à simplifier l’environnement normatif des entreprises dans l’objectif de limiter les freins à leur développement et à l’embauche. Ce processus de « simplification » est aussi celui qui a conduit à la rédaction, en 2015, du projet de loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dit aussi « loi travail » ou loi « El Khomri » à laquelle a succédé les ordonnances dites « Macron ». Plus généralement, le « choc de simplification » engagé par le précédent gouvernement français (770 mesures) se poursuit et s’accélère.
4. Les enjeux de la simplification et l’objectif de la seconde journée d’étude
Le mot d’ordre de « simplification » ne puise donc pas uniquement ses motifs dans la tradition fort ancienne de critique, récurrente, envers la piètre qualité de la production législative. Si cet aspect des choses peut être saisi par la jurilinguistique et la légistique (par ailleurs insuffisamment implantée en France), les nombreuses critiques émises à l’égard de ces processus ont des enjeux politiques : « La première tient au fait que la critique a pu être considérée dans une perspective politique comme étant liée à la doctrine libérale. Le rôle de la loi, en tant qu’instrument de gestion des politiques publiques, a en effet été remis en cause au profit de diverses tentatives de déréglementation et de privatisation. » (Flückiger, 2006). Une autre critique est liée au constat que faisait notre réseau dans le précédent appel à communication : « Une nouvelle classification sociétale, juridique et politique est en train de s’imposer, faisant naître un tertium quid où les « formules » introduisent une nouvelle catégorie bouleversant le traditionnel couple terme juridique/terme non-juridique », lié à la remise en cause de l’ordre pyramidal au profit d’un droit « en réseau ». Enfin, il interroge la séparation des pouvoirs : à travers l’objectif d’intelligibilité de la loi se dessine progressivement un contrôle non plus seulement de la constitutionnalité de la loi, mais également de sa normativité. Ceci sera à replacer aussi dans le contexte d’une société en transformation, mondialisée et réticulaire, où se pose la « difficile problématique de l’organisation » (E. Morin) et du dialogue entre ordre, désordre et organisation, car tout système juridique est une manière d’organiser le monde, et la langue qui le parle, une façon de nommer et, donc, catégoriser le réel. Ce dialogue avec notre monde – juridique et non-juridique – d’aujourd’hui impose de « travailler avec l’incertitude » pour (re)trouver le mot juste, le terme précis dans un univers qui n’est plus rationalisé, dans le sens où il était « censé répondre aux modèles logiques de notre esprit », mais qu’on est obligés d’étudier, si l’on souhaite le comprendre, en employant de nouveaux outils, tel un macroscope (Joel de Rosnay) regroupant un ensemble de méthodes provenant de disciplines différentes. Et pour aller au-delà de la simplification, qui par moments risque de rappeler trop le système des objets (J. Baudrillard) superficiel qu’est devenue notre société, on parlera aussi et surtout de clarification du langage juridique, afin de regarder de près les conséquences plurielles de la confusion actuelle, et de chercher ensemble à identifier des solutions possibles afin de retrouver « la justesse des mots » (G. Cornu ) dans le dialogue entre la justice et le justiciable.
A travers la question de la simplification du droit se pose, pour les linguistes, celle des rapports entre langue(s), culture(s), et représentation. Loin d’être de simples « codes », les langues sont liées aux cultures, et « agir sur les langues, pour Hagège (1985, 204), revient à agir sur « les cultures elles-mêmes ». Langue et culture sont indissociables. Le droit en est une des manifestations les plus évidentes : il incarne au plus haut point le fait culturel d’un peuple » (Gémar 2011). De ce fait, si le discours juridique « est, tout à la fois, un acte linguistique et un acte juridique » (Cornu, que cite Camille Abolou), cette seconde journée d’études devra interroger les modalités réciproques d’intervention du droit sur la langue du droit, et de la langue du droit sur le droit lui-même, notamment en contexte de simplification. Se pose ici le rôle de sémiotisation d’une pratique à travers une terminologie, et l’évaluation de modifications symboliques (du domaine des signes linguistiques) qui doivent accompagner des évolutions juridiques ou institutionnelles.
L’expertise des linguistes peut / doit aussi être mobilisée sur la définition même des notions le plus souvent convoquées : brièveté, concision, intelligibilité ou encore accessibilité. Comme sont-elles définies ? mesurables ? Par ailleurs, étant toutes des notions demandant à être appliquées à un récepteur, comment celui-ci est-il défini ? Les cibles sont-elles aussi homogènes que les mouvements de simplification le laissent entendre ?
La journée d’étude vise donc à accueillir toutes les communications susceptibles d’éclairer ces processus, sur le plan discursif comme dans ses implications jurilinguistiques. Elle s’adresse tant aux terminologues, qu’aux chercheurs en langue juridique et aux juristes. Par ailleurs, d’impulsion européenne, le processus de simplification a cours dans toutes les branches du droit, public comme privé et dans tous les pays de l’Union. A ce titre, les travaux d’analyse comparée des impacts de ce processus dans les droits étrangers et leurs terminologies seront privilégiés.

Les propositions de communication comprenant
– un titre
– un résumé de maximum 500 mots (hors références bibliographiques)
– une brève notice bio-bibliographique (incluant l’affiliation des auteurs)
sont à envoyer avant le 15 janvier 2018 simultanément à : julien.longhi@u-cergy.fr ; arthur.joyeux@hotmail.fr ; corina.veleanu@univ-lyon2.fr; laurent.gautier@ubfc.fr
Séminaire2_cfp_vEnd

CfP : Dijon-Lyon 2 – Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à communications

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés
Journée d’études, vendredi 2 mars 2018
Université Lyon 2 Lumière, Maison Internationale des Langues et des Cultures

« L’émotion, dans ses variétés historiques, ses nuances, ses déclinaisons, reflète d’abord une culture et un temps. Elle répond à un contexte, épouse un profil de sensibilité, traduit une manière de vivre et d’exister, elle-même dépendante d’un milieu précis, singulier, orientant l’affect et ses intensités. » (G. Vigarello, Histoire des émotions, Paris, Seuil, 2016)

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

La journée d’études, co-organisée par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), vise ainsi à rassembler des chercheurs en langues et cultures de spécialité pour tout à la fois dresser un état des lieux des travaux sur ces questions et d’autre part tracer des perspectives de recherche alimentant aussi les enseignements supérieurs en LEA et dans le secteur LANSAD, en capitalisant sur les spécificités ainsi mises au jour des langues-cultures sous-jacentes. Cette réflexion est ouverte et bénéficiera grandement des apports qui pourront être partagés par des chercheurs appartenant à d’autres disciplines et qui s’intéressent aux discours et terminologies de spécialité : psychologues, juristes, économistes, neuroscientifiques, anthropologues, politistes, chercheurs en sciences dures, etc.

Les communications s’intéresseront entre autres:
– A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
– Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
– Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
– Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
– Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.
Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les propositions de communication (résumé de 500 mots présentant explicitement la problématique, le corpus, la méthodologie et les résultats [escomptés]) accompagnés de cinq références bibliographiques sont à adresser avant le 22 décembre 2017 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr
Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

Le pré-programme sera diffusé en janvier 2018. Une sélection de communications sera publiée, sous la forme d’un volume collectif structuré, chez un éditeur international dans une collection dédiée après expertise en double-aveugle. Des interactions entre les auteurs des articles seront donc à prévoir pour faire apparaître la cohérence du volume.

Bibliographie sélective
Braud, P., L’émotion en politique : problèmes d’analyse, Paris, Presses de Sciences Po, 1996.
Cyrulnik, B., « L’affectivité nous façonne », http://www.lexpress.fr/informations/boris-cyrulnik-l-affectivite-nous-faconne_595890.html, 23/09/1993.
Ekman, P., « An Argument for Basic Emotions », Cognition and Emotion, 6/3-4, 1992, 169-200.
Flückiger, A. « Pourquoi respectons-nous la soft law ? », Revue européenne des sciences sociales [En ligne], XLVII-144 | 2009, mis en ligne le 01 mai 2012. URL : http://ress.revues.org/ .
Frank, R.« Émotions mondiales, internationales et transnationales, 1822-1932 », Monde(s), 2012/1, 47-70.
Immordino-Yang, M.-H., “Studying the Effects of Culture by Integrating Neuroscientific With Ethnographic Approaches”, Psychological Inquiry: An International Journal for the Advancement of Psychological Theory, 24/1, 2013, 42-46.
Lordon, F., La société des affects, Paris, Seuil, 2014.
Moïsi, D., La géopolitique de l’émotion : comment les cultures de peur, d’humiliation et d’espoir façonnent le monde, Paris, Flammarion, 2008.
Panksepp, J., Asma, S., Curran, G., Gabriel, G., Greif, T., “The Philosophical Implications of Affective Neuroscience”, Journal of Consciousness Studies, 19/3-4, 2012, 6-48.
Pavlenko, A., The bilingual mind: And what it tells us about language and thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2014.
Reboul, O., Langage et idéologie, Paris, Puf, 1981.
Revault d’Allonnes, M., Le dépérissement de la politique, Paris, Flammarion-Aubier, 1999.
Thompson, S., Hoggett, P., Politics and the Emotions, London, Continuum, 2012.
Tournier, M., Des mots en politique, Paris, Klincksieck, 1997.